Tchad : la Plateforme de Dialogue Inter-religions et de la Paix Communautaire craint la restauration des évènements de 1979

Ce samedi 20 mai, la Plateforme de Dialogue Inter-religions et de la Paix Communautaire a animé un point de presse relatif aux actes de tueries survenus à Béssao, Goré, Andoum, Kamkoutou. Il a été organisé par le Bishop Amane Mamaté et l’Imam Mahamat Taha.

La Plateforme réunit les associations des jeunes musulmans et Chrétiens encadrés par les pasteurs des Imams et des Aumôniers juges de paix.

La Plateforme se dit indignée face à ces tueries en série, «bien planifiées et travaillées»
pour introduire au Tchad une guerre religieuse et opposer les chrétiens aux musulmans ou les sudistes aux nordistes dans le seul but de satisfaire les intérêts égoïstes et malsains.

L’objectif principal de ce point de presse est d’exprimer le ras-lebol des citoyens séquestrés et meurtris et mettre en garde les «politiciens véreux» qui ont échoué à proposer au peuple une idéale politique et qui cherchent à tirer sur la fibre religieuse pour se maintenir.

Ces évènements déroulés dans ces villages et localités, selon la plateforme sont déplorables et c’est pourquoi elle condamne ces actes barbares et inhumains avec une dernière énergie.

Pour le Bishop Amane Mamate, les Tchadiens ne peuvent pas cautionner des tels actes.

«Nous disons non à tout ce qui vient à nous ramener dans des moments douloureux que le Tchad a connu dans son ensemble. Nous constatons que les éléments qui ont déclenchés la période la plus sombre de l’histoire du Tchad marquant d’estampille du sang l’année 1979 sont au point d’être restaurés. Qu’il soit au nord ou au sud, là où l’armée française est passée, le sang finit par couler. Comme si par hasard, une colonne de l’armée française vient de séjourner au sud et le résultat est identique à celui de Miski au Tibesti, » explique le Bishop Amane Mamate.

La plateforme note que face à ces tueries de masse, elle refuse de garder le silence et laisser libre cours aux discours haineux qui circulent aujourd’hui dans des réseaux sociaux et plusieurs autres canaux de communication.

Elle dénonce par ailleurs le silence et l’inertie du gouvernement qui se réclame d’une autorité
incarnant la sécurité des populations et la défense du territoire mais qui fait la belle lune aux chefs
de guerres bien armés avec des objectifs précis.