17 juillet 2026
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Réalisations, difficultés, défis, perspectives dans la province du Mayo-Kebbi Ouest, le Délégué à la culture répond à nos questions.

Hamama Média : Vous êtes à la tête de la délégation de la culture, de l’artisanat et du tourisme depuis un peu plus de deux ans. Quelles sont vos grandes réalisations ?

Kasseunbé Gonzemaï Ki-Zerbo : J’ai pris mes fonctions le 27 avril 2024. Dès mon arrivée, nous avons mis en valeur notre savoir-faire. Pour la première fois dans les 23 provinces, la délégation du Mayo-Kebbi Ouest a créé une coordination des artistes, afin de mieux les représenter et valoriser leurs talents. Nous avons également identifié les services hôteliers de la région et travaillons à leur redynamisation pour que ce secteur retrouve ses lettres de noblesse.

HM : La culture et l’artisanat semblent concentrés à N’Djamena. Parvenez-vous à découvrir des talents locaux ici ?

KGK : Absolument. La culture est une source de développement et le Mayo-Kebbi Ouest regorge de richesses dans ses cinq départements. Nous avons mis en lumière des traditions locales, comme la danse Gouna de la communauté Guidar, souvent confondue avec celle des Moundang. Cette danse est présente dans quatre départements. La diversité culturelle de la région — Guidar, Moundang, Moussey, Ngambaye, Toupouri — favorise la cohabitation pacifique et le vivre-ensemble.

HM : Quelles difficultés rencontrez-vous ?

KGK : La culture reste marginalisée. Même à la télévision nationale, elle est reléguée en fin de programme. Pourtant, ailleurs, elle est considérée comme essentielle. Au Burkina Faso, par exemple, le ministère de la Culture assure le rôle de porte-parole du gouvernement. La culture est un élément rassembleur qui favorise le vivre-ensemble.

HM : Quelles sont vos relations avec la population et les artistes ?

KGK : Nous sommes en contact permanent avec les chefs des 20 cantons de la région. Nous avons répertorié les danses traditionnelles et lancé récemment un festival culturel du peuple Gourane. Cela montre que le Mayo-Kebbi Ouest est une terre d’accueil. Les difficultés existent, notamment le manque de moyens pour concrétiser nos projets.

HM : Comment célébrez-vous la fête de la musique dans la province ?

KGK : Le 11 juin, nous avons mis en place un comité d’organisation. Faute de moyens, nous avons lancé des quêtes. La fête est prévue le 27 juin, avec le soutien du conseil provincial. Malheureusement, la fête de la jeunesse semble concentrée à N’Djamena, alors que les 23 régions devraient être représentées.

HM : Un dernier mot pour la population et les autorités ?

KGK : Nous préparons le premier festival culturel interdépartemental du Mayo-Kebbi Ouest. Pendant trois à quatre jours, les habitants de El-Ouaya, Lac Léré, Mayo-Binder, Nanaye et Mayo-Dallah se retrouveront pour renforcer le rapprochement culturel. La région possède aussi un potentiel écotouristique exceptionnel avec 17 sites, dont : Les crocodiles blancs du village Gueleng (El-Ouaya), le lamantin de Léré, rare mammifère aquatique, le Palais de Gong de Léré, patrimoine historique, les hyènes du trou de Goumadji, aux allures d’ânes. Je remercie le délégué général du gouvernement, le général Abdelmanane Khatab, pour sa proximité avec la population, ainsi que le président du conseil provincial qui fait de la culture une priorité. À la population du Mayo-Kebbi Ouest, je dis : préserver la culture, c’est préserver le vivre-ensemble.

Interview réalisée par Teyane Bertrand