Dans la nuit de samedi à dimanche, l’armée ougandaise a ordonné la fermeture de plusieurs médias indépendants. Au cœur de l’opération : NTV, le Daily Monitor, Dembe FM, KFM et The East African.
À l’origine : un message du général Muhoozi Kainerugaba, chef des armées et fils du président Yoweri Museveni.
Dès les premières heures de dimanche, des soldats ont pris position devant les bureaux du Nation Media Group à Kampala. Diffusion arrêtée, accès interdit.
« Nous avons été fermés par l’armée, tant au niveau des studios que des bureaux de NTV, a confié à l’AFP un journaliste de la chaîne sous anonymat. Personne n’est autorisé à entrer ou à sortir. »
Sur les écrans : « Vidéo indisponible ». Sur X : « NTV et Monitor sont fermés à partir d’aujourd’hui », a écrit le général Muhoozi. Il affirme « ne pas croire à la liberté de la presse » et assure que l’opération a été validée par son père.
Le général ne compte pas s’arrêter là. « La fermeture de NTV et de Monitor n’est que le début ; nous allons arrêter beaucoup plus de personnes », a-t-il prévenu dimanche sur les réseaux sociaux.
Le Daily Monitor n’en est pas à son premier blocage. Le journal avait déjà été suspendu 13 jours en 2013 après avoir évoqué un prétendu plan de succession au profit de Muhoozi Kainerugaba.
Pour le Comité pour la protection des journalistes, l’Ouganda entre dans une « escalade inquiétante ». Le pays est classé 143e sur 180 au classement de Reporters sans frontières. Depuis plusieurs mois, l’armée multiplie les arrestations de responsables politiques et de militants. Pour de nombreux observateurs, le général Muhoozi prépare activement sa succession à la tête de l’État.
