Dans le département de la Kabbia, la population fait face à une situation préoccupante en raison du déficit pluviométrique observé cette année. Les conséquences sur les activités agricoles suscitent de fortes inquiétudes quant à une éventuelle crise alimentaire.
Le riz, l’une des principales cultures vivrières de la zone, ainsi que le coton dont la production vient de reprendre, a été fortement affecté par le manque de précipitations. Des milliers d’hectares de cultures se sont desséchés, plongeant les agriculteurs dans le désarroi et renforçant les craintes de famine.
Dans les cantons de Djarao, Léo et Domo, considérés comme des zones agricoles stratégiques qui approvisionnent plusieurs provinces du pays, le constat est particulièrement alarmant. Face à cette situation difficile, les habitants peinent à cacher leur inquiétude.
Revenant de son champ de riz, Hinangou Jean estime que cette situation est une épreuve : « C’est la deuxième année où nous récoltons le désespoir. Nous devons accepter la volonté de Dieu. Ce qui se passe est peut-être un rappel à l’ordre pour l’humanité », confie-t-il.
Pour faire face aux difficultés croissantes et subvenir aux besoins de leurs familles, de nombreux chefs de ménage ont quitté leurs localités. Certains ont pris la direction du Cameroun ou d’autres régions du Tchad à la recherche de meilleures opportunités de subsistance.
Face à cette situation de plus en plus préoccupante, les populations lancent un appel aux autorités et à leurs partenaires afin qu’une assistance soit apportée aux agriculteurs et aux ménages les plus vulnérables.
« Il faut une intervention rapide du gouvernement et de ses partenaires en notre faveur. Sinon, nous risquons de vivre une situation dramatique », alerte Paul Ngalangou.
Les habitants espèrent une réponse rapide des pouvoirs publics afin de soutenir les producteurs touchés et de prévenir une éventuelle crise alimentaire dans la région.
Taria Bakka Mathias, correspondant à Gounou-Gaya.
