Le Parlement camerounais, réuni en Congrès, a adopté samedi une révision de la Constitution instaurant un poste de vice-président. Une décision qui suscite de vives réactions, entre satisfaction du camp présidentiel et dénonciations de l’opposition et de la société civile.
Un vote expéditif
En moins de trente minutes, les 222 parlementaires ont tranché :
- 200 voix pour,
- 18 contre,
- 4 bulletins nuls.
Le projet de loi, défendu par le gouvernement, a donc été largement approuvé.
Pour le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), cette réforme vise à renforcer la stabilité institutionnelle.
- Le ministre de la Justice, Laurent Esso, a insisté sur la nécessité d’harmoniser le fonctionnement de l’État au sommet.
- Son collègue du Travail, Grégoire Owona, a souligné que la mesure « stabilise la période des élections présidentielles » et facilite les transitions, les rendant « plus prévisibles et moins coûteuses ».
Face à ce projet, l’opposition dénonce une dérive autoritaire.
- La députée Ngo Issi (PCRN) y voit « la clôture définitive de l’espace démocratique » et l’instauration d’un « dauphin administratif ».
- Le député Jean Michel Nintcheu parle de « coup d’État constitutionnel », accusant le pouvoir de préparer une succession dynastique.
- Le président du MRC, Maurice Kamto, estime qu’il s’agit d’un « naufrage constitutionnel et politique », destiné uniquement à conserver le pouvoir.
Des voix s’élèvent également hors du champ politique.
- Cyrille Rolande Béchon, directrice de l’association Nouveaux droits de l’homme, juge le poste « vide de contenu » et dénonce une « mascarade totale » visant à empêcher une véritable alternance.
Pour ses défenseurs, la création d’un vice-président garantit la continuité de l’État et sécurise les périodes électorales.
Pour ses détracteurs, elle consacre au contraire une captation du pouvoir et réduit encore l’espace démocratique dans le pays.
