La province du Mayo-Kebbi Ouest est confrontée à plusieurs défis, notamment en matière d’infrastructures. La principale préoccupation reste les travaux de la route Pala-Kélo, longue de 109 km.Dans une interview, le Délégué aux Infrastructures du Mayo-Kebbi Ouest a répondu à nos questions.
Nous avons abordé divers sujets liés aux infrastructures dans la province, en mettant particulièrement l’accent sur les attentes majeures de la population.
Lisez l’intégralité de l’interview ⤵️
Hamama Média : Dites-nous, quel est l’état des lieux des infrastructures dans votre province du Mayo-Kebbi Ouest ?
Kadir Yaya Idriss : Merci beaucoup pour la parole accordée. L’état des lieux des infrastructures dans la province du Mayo-Kebbi Ouest, si vous constatez, nous avons une infrastructure routière, scolaire et sanitaire. C’est l’ensemble de nos projets qui constituent les infrastructures. L’infrastructure routière est le projet du bitumage de la route Kélo-Pala, de 109 kilomètres.
Alors, c’est un projet daté de longtemps et Dieu merci, depuis le 2 janvier, nous avons repris l’activité de bitumage, où, si vous aviez constaté, vous voyez les engins, les matériels et les matériaux qui circulent dans la ville. Le niveau est déjà fait. La Sogea-Satom a fini avec la traversée, maintenant elle est en train d’évoluer vers Kélo.
Nous sommes toujours au niveau du terrassement et de la couche de fondation. Les détails, peut-être la Sogea-Satom va vous donner plus d’informations.
Nous avons aussi un projet de réhabilitation de l’axe Pala-Léré-Frontière Cameroun. Vous savez, cette route, c’est une route nationale, et c’est un corridor qui alimente plusieurs nations, à savoir le Cameroun, où nous sommes frontaliers, et le Nigeria. Vous êtes allés à Léré, au retour, vous avez vu la dégradation peut-être de la route, où nous avons écrit plusieurs fois à la hiérarchie.
Elle nous a aussi répondu favorablement en émettant un appel d’offres où les entreprises ont soumis et, Dieu merci, une entreprise a gagné le marché. C’est la procédure administrative qui est en train d’être faite et, d’un moment à l’autre, l’entreprise va se déployer pour la réhabilitation de cette route qui fait 122 kilomètres.
Nous avons aussi le projet d’entretien de la route Pala-Binder, où l’appel d’offres est déjà lancé, les entrepreneurs ont soumis. Donc, ceci étant, nous attendons l’entreprise qui a gagné le marché. Elle va s’approcher de nous d’un moment à l’autre, ils vont travailler. Pour finir, les infrastructures routières, nous avons aussi l’axe Pala-Fianga, où nous avons plusieurs ouvrages que la société Sogea-Satom a gagnés.
Si vous constatez en allant à Tikem, ils ont mis le barycentre de leur point où ils sont déjà là et ils vont reprendre les travaux. Voilà les grands axes qui couvrent la province du Mayo-Kebbi Ouest que je détiens, et sans oublier aussi le projet Pala-Gagal. Cela fait 2 ans que l’entreprise est en train d’y travailler. Nous supervisons au fur et à mesure et nous rendons compte à notre hiérarchie de l’évolution des travaux.
Je vais plonger au niveau des infrastructures sanitaires, où nous avons trois projets qui sont toujours en cours, où nous suivons les activités… C’est le district de Torrock, et le district de Lagon dans le département du Mayo-Dallah, et le district de Lac Léré. C’est un marché qui a été signé depuis. Les chantiers ont été stoppés avant même mon arrivée. Le mois passé, j’ai reçu la délégation conduite par le chef de service, chef de division de la Direction des Infrastructures Sanitaires, qui est venue et s’est acheminée là-bas pour constater l’état des lieux et, dans la mesure du possible, ils vont reprendre les travaux. Ce sont les informations que j’ai reçues. Voilà nos infrastructures au niveau sanitaire.
Pour les infrastructures scolaires, je commence d’abord par l’école EGTH. Dès mon arrivée, le ministre m’a instruit de suivre l’évolution des travaux, chose que je lui ai faite jusqu’à l’inauguration. C’est le Génie militaire qui a travaillé dessus, ils ont fait un travail excellent. Si vous venez là-bas la nuit, c’est même alimenté par les panneaux solaires.
La semaine passée, nous avons reçu l’UNICEF, qui avait promis aussi de construire plusieurs salles de classe, 12 salles de classe, plusieurs bureaux, et ils ont clôturé, non loin de l’école EGTH. La semaine passée, nous avons reçu la visite de la ministre secrétaire d’État qui est venue, nous avons réceptionné. Nous avons aussi à la sortie, si vous constatez, il y a un lycée technique industriel à gauche, non loin de l’ancien péage qui vient à Gagal, et elle aussi, elle est en train d’être construite, donc dans un moment proche, nous allons procéder aux réceptions. Voilà de manière ramassée nos infrastructures de manière générale dans la province du Mayo-Kebbi Ouest.
Hamama Média : Dites-nous globalement quels sont les principaux défis auxquels font face les habitants de la province du Mayo-Kebbi Ouest ? En d’autres termes, quelles sont les principales attentes de la population en termes d’infrastructures ?
Kadir Yaya Idriss : Les habitants de la province veulent toujours voir leurs routes et les bâtiments construits. Ils veulent toujours être à l’aise, aller marcher sur leur chaussée de manière tranquille et se taper aussi la poitrine. C’est ce qu’on me dit : « À quand ? »
Moi, je leur dis, nous ne pouvons pas construire la chaussée en une année ou une année et demie. Et moi, c’est comme dit notre ministre, « Il faut communiquer ». Moi, je communique. Je leur dis : « Prenez votre mal en patience. Construire une route, il y a plusieurs phases. Il y a d’abord la mobilisation. Il y a d’abord le terrassement, la couche de fondation, la couche de base, la couche de roulement, et il y a aussi des ouvrages à construire. Donc, il y a beaucoup de choses. » Donc, c’est vrai, ils le disent : « Nous voulons voir notre route. » Je dis : « Vous verrez votre route un jour ou l’autre. » Ça, c’est la politique du gouvernement de Son Excellence Monsieur le Président de la République, le Maréchal. Dans sa politique, il faut toujours construire les routes, il faut toujours mettre sa population à l’aise. C’était le but de sa campagne. C’est ce qui est en train d’être fait.
Je vous le dis avec honnêteté. Je reçois des appels : « Nous sommes à quel niveau ? » Nous faisons la pression à la Satom, surtout pour ce corridor-là, il faut vite la construire pour désenclaver cette province du Mayo-Kebbi Ouest. Oui, moi, je leur donne raison. Leurs attentes, ils veulent toujours être satisfaits. C’est ce que le gouvernement est en train de faire. Le gouvernement a mis les moyens pour que les travaux reprennent. Leurs attentes, jour après jour, leur appel va être toujours répondu.
Hamama Média : Compte tenu de tout ce que vous avez énuméré ici comme réalisations, projets en cours, quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face ?
Kadir Yaya Idriss : Bon, les difficultés, en fait, peuvent être les entrepreneurs. Ce sont les entrepreneurs contractant les marchés qui peuvent vous répondre. En fait, nous, quand on leur pose cette question, ils sont toujours réservés, « Je ne peux pas vous répondre parce que moi, je représente vraiment mon ministère de tutelle. » Je mets toujours la population… la pression pour que les travaux soient toujours effectifs. C’est ça. Les difficultés, peut-être le jour où vous allez tendre le micro aux entrepreneurs, ils peuvent vous le dire. Je suis incompétent pour vous dire si l’entreprise a telle difficulté. Voilà, je suis désolé.
Hamama Média : Est-ce que vous avez un message à l’endroit d’abord de la population de la province du Mayo-Kebbi Ouest de manière générale, dont les attentes sont énormes, vous l’avez dit, mais aussi à l’endroit des autorités, peut-être votre hiérarchie ?
Kadir Yaya Idriss : Bon, le dernier mot, beaucoup plus, c’est à l’endroit de la population. J’ai toujours dit, et j’ai toujours redit quand on me tend le micro. C’est vrai, l’État constitue tout le monde. L’État a toujours une vision de développement. La route… on dit que la route passe et le développement suit. La reprise de ces travaux, projets Pala… Le ministre a tenu, il avait dit 15 mois indiscutables, 15 mois, nous allons procéder à la réception. Ça, j’ai pris bonne note et la Satom en est consciente.
Les attentes, tout ce que je peux dire à la population de, dans l’ensemble, Mayo-Kebbi Ouest, c’est d’être patiente. Nous verrons un jour le bout du tunnel. La route va être construite. Les infrastructures… quand il faut toujours accompagner la politique du gouvernement… Mais quand tu dis merci, c’est qu’on a besoin d’autres. Nous aussi nous sommes là, nous sommes les répondants de nos ministères respectifs. Nous faisons aussi la politique de cette population. Nous ne sommes pas là pour agacer cette population, mais nous sommes là pour relayer les informations au niveau de la hiérarchie quand telle chose ne va pas.
Il y a de cela un mois, j’ai eu la doléance de la population de Mayo-Kebbi Ouest dans l’ensemble, du département du Mayo-Dallah. Nous avons certains ouvrages qui ont cédé, en fait, on les appelle les petits ponts, pour ceux qui ne comprennent pas. Ils nous ont dit : « Voilà, on ne peut pas accéder à l’abattoir de Pala. Nous avons des zones à risque où, en pleine saison de pluies, nous ne pouvons pas y accéder. » J’ai dit : « Ce sont des doléances positives. » Je me suis mis à écrire et à demander l’avis favorable du délégué général du gouvernement auprès de Mayo-Kebbi Ouest, qui est aussi un administrateur actif et chevronné. Il m’a accompagné, je suis allé au ministère, en personne, remettre main à main le dossier au ministre afin qu’il soit validé.
Dans un futur proche, les entrepreneurs viendront construire. Ce sont les doléances de la population. Nous sommes là pour l’accompagner afin qu’elle soit à l’aise.
Interview réalisée par Teyane Bertrand
