Dans le village Djaïtou, situé à plus de 20 kilomètres au sud de la ville de Pala, un conflit foncier latent oppose deux communautés : les Peuhls et certains autochtones. Cette tension risque de dégénérer.
Depuis plus de 60 ans, les Peuhls exploitent une parcelle de 4,5 hectares. Cependant, des autochtones commencent à revendiquer cette terre, menaçant de chasser les Peuhls de cette parcelle, selon plusieurs villageois.
Vaikouya André, l’un des autochtones se déclarant héritier de cette terre, explique : « Nos parents nous ont octroyé cette parcelle en son temps. Maintenant que notre nombre démographique augmente, nous sommes obligés de récupérer ces champs que les Peuhls exploitent depuis plus de 60 ans. C’est pourquoi nous avons borné les quatre hectares avec des troncs d’arbres. » Il précise qu’ils ont déjà saisi les autorités traditionnelles locales et sont déterminés à « récupérer ces champs vaille que vaille. »
De leur côté, les Peuhls rejettent fermement ces revendications. Mamadou Oumarou, leur chef de carré, affirme que leurs grands-parents leur ont légué ces champs depuis plus de six décennies. « Nous avons saisi le chef de village de Djaïtou à ce sujet, qui nous a renvoyés chez le chef de canton de Pala-Erde. Nous voulons la paix ; si Vaikouya André et son équipe viennent labourer cette parcelle, nous ne pourrons pas rester les bras croisés. Nous allons réagir sincèrement par tous les moyens possibles, » déclare-t-il.
Le chef de village de Djaïtou, Djouamata Gilbert, souligne que cette affaire ne pourra trouver solution que par l’intermédiaire de ses supérieurs hiérarchiques. Malgré ses efforts pour réconcilier les deux parties, chacune reste déterminée dans sa position.
D’autres sources rapportent que Vaikouya André et son équipe ont également borné plusieurs hectares exploités depuis des années par les Kera, habitants du village Djaïtou. Actuellement, l’affaire a été transférée au chef de canton de Pala-Erde.
Au vu de la gravité des tensions relatives à ce différend foncier qui oppose les Peuhls à quelques autochtones du village Djaïtou, il est urgent que les autorités compétentes prennent cette affaire au sérieux et trouvent rapidement une solution durable pour éviter une escalade du conflit.
Affaire à suivre…
Tchédjolbé Jean-Claude, correspondant à Pala (Mayo-Kebbi Ouest)
