Tribune: Comment devenir un pays libre et souverain II ?

Dans mon article précèdent, je mettais en exergue le projet de long terme pour combattre l’impérialisme. La mise en application du projet mérite un travail exceptionnel, de la patience et de la persévérance. Mais il convient d’élargir le champ dans d’autres domaines pour englober l’ensemble dans une vision cohérente. Nous vivons dans un monde globalisé, les canaux de communication sont de plus en plus perfectionnés. Cette possibilité donne l’avantage de transmettre les messages à coût réduit. Il faut saisir cette opportunité pour établir des contacts avec tous les pays qui luttent pour tourner la page de la colonisation.

Des relations multilatérales

En Afrique centrale, les citoyens sont soumis à un asservissement politique et économique par les valets locaux avec la complicité des élites parisiennes. Pourtant, dans un monde devenu village planétaire, les citoyens de l’Afrique voient le confort dans lequel baigne les pays qui ont arraché leur indépendance. Le sens de l’optimisme de ces pays contraste avec le désespoir des subsahariens.

« La solidarité des ébranlés » de l’impérialisme devient presque naturelle. Il faut mettre en place un réseau élargi d’Africains. Chaque achat ou action s’inscrit dans la lutte, dans l’espoir d’écraser l’ennemi.

On sait que les françafricains ont perdu la bataille de l’opinion. Il reste de coordonner la lutte des contestataires en faisant adhérer la masse. C’est un défi difficile à relever. Mais il ne faut pas baisser le bras. L’avenir appartient à ceux qui refusent de se mettre à genoux.

De la monnaie ou la politique coloniale française

L’utilisation de la monnaie(FCFA), contrôlée par la France, est une source d’instabilité constante et d’espionnage. Monnaie décriée par les économistes sérieux, destructrice de la constitution d’un tissu économique local, elle met sous la botte de la France la géopolitique de la région. Tout moyen d’échanges passe par les mécanismes extérieurs sous la supervision de la Banque de France. Elle tire des bénéfices nets sur le dépôt et la conversion du FCFA dans les autres devises internationaux.
La monnaie est l’un des outils que la France utilise pour intervenir et assoir son hégémonie criminelle. Ce cordon ombilical forcé met les Africains dans la servitude. Si le FCFA n’existe pas, les interventions françaises vont drastiquement diminuer.

La France est un pays en agonie qui refuse de mourir. L’achever est un devoir patriotique.

De l’armée

La réforme de l’armée s’impose pour mettre en place une institution compétente et soucieuse de l’avenir de tous les citoyens du pays. Le Tchad est condamné à se développer dans la justice pour le bien de tout le monde : un Etat de droits riche, libre et prospère. Si non, rien ne garantit un avenir souhaitable -même pour les personnes les plus aisées.

Mahamat Daoussa Deby