Tchad : qui sont ces opposants domestiqués?

Considérés il y a quelques années comme des farouches opposants au régime du père qui a régné sur le Tchad pendant trois décennies, certaines personnalités politiques de notre pays sont aujourd’hui devenues dociles et conciliantes à l’égard du même système politique qu’elles ont combattu et dénoncé les méfaits auprès de la communauté internationale stupéfaite de leur turpitude maintenant.

Indéniablement les trois(3) ans de transition politique au Tchad, ont façonné et changé les regards de l’opposition tchadienne, les figures emblématiques de la société civile et des hommes des médias qui ont mené en trente (30) ans de règne du précèdent régime un combat acharné contre son pouvoir decrié.Mais après la disparition dans les conditions tragiques que suspectes de ce dernier, ces hommes ont brutalement modifié leurs regards et perceptions sur la gestion triste et calamiteuse du pays.

Parmi eux, au nom de la stabilité et de la paix, certains sont contraints à composer avec les nouvelles autorités de la transition en s’accommodant sans compris moi en toute naïveté à toutes leurs caprices et volontés les plus cyniques et sadiques.

Aujourd’hui, pour la communauté internationale, l’opposition classique tchadienne incarnée par Saleh Kebzabo ( Undr), Alhabo( Pld), Laokein Medard( Ctpd), Gali Ngothé et aujourd’hui Succès Masra ( Les Transformateurs) peut être considérée comme des vendeurs d’illusion et à la sauvette d’une société tchadienne sans repère. Car les actes qu’ils posent n’aident pas l’actuel dirigeant de la Transition mais renforcent sa volonté personnelle au mépris de l’intérêt de son peuple et d’une nation tchadienne en quête du changement structurel et sociétal.

La rupture et la transformation du Tchad prônées et proclamées par les uns et les autres ont disparu et étè sacrifiées au profit des ambitions personnelles au detriment d’une masse populaire deboussolée.

Makaila Nguebla

SUCCÈS MASRA ou la parfaite illustration de ces “jeunes” prêts à tout pour “réussir” en politique

Politologue, enseignant-chercheur, Ndjoya Moussa donne son opinion sur l’actualité politique au Tchad.

Pendant des années, Succès MASRA a été l’un des opposants les plus radicaux au régime d’Idriss Deby Itno, et plus tard de son fils Mahamat !

Ainsi, avec son mouvement les transformateurs, il a souvent fait descendre des centaines de milliers de Tchadiens dans la rue : de milliers se sont fait ta.basser et emprisonner, tandis que centaines ont été tu.és !

À la grande surprise de tous, alors qu’il était en exil, il va revenir au Tchad se faire nommer comme premier ministre de Mahamat.

Le voici maintenant qui déclare apporter son soutien indéfectible au régime héréditaire et aux militaires qui viennent d’assa.ssiner son allié d’hier Yaya Dillo, ainsi que de dizaines de ses militants, parmi lesquels, son secrétaire national adjoint aux finances, Dr Abakar Torabi, dont le fils et la mère ont été également tu.és il y a environ un an, lors des manifestations qu’ils avaient organisé avec Succès MASRA !

Cet événement nous amène à réitérer notre mise en garde : sachez très bien choisir vos alliés et leaders en politique, car très généralement la trahison en politique conduit tout droit à la m.ort !

Et si vous voulez savoir qui sont les potentiels Succès MASRA du Cameroun, vous n’avez qu’à voir ceux qui ont célébré avec faste sa nomination, qui était pourtant une grave trahison pour les populations meurtries du Tchad.

Tchad : Un jeune citoyen écrit une lettre ouverte aux conseillers nationaux 

Honorables Conseillers, je viens humblement vous présenter mes vœux du nouvel an. Qu’il soit pour nous l’année de grande réalisation.

Honorables Conseillers,

Je débute par ces trois verbes :

Consulter-Conseiller -Contester

Les portes paroles du peuple sont-ils des médiateurs ou des contestataires ? Ah oui, parlons des contestataires sûrement oubliant leurs fonctions qui est de conseiller.

Honorables Conseillers,

Le Premier Ministre de la transition et de la 5ème République, par son humilité et sa sagesse a décidé de consulter le peuple Tchadien de l’intérieur et de la diaspora deux jours avant la présentation de son programme politique de cette nouvelle République aux conseillers nationaux qui deviennent contestataires par manque de patriotisme et d’engagement pour l’émergence du Tchad pour l’approbation.

Honorables Conseillers,

Sur ce, l’on reconnait, les conseillers qui doivent normalement appuyer un tel projet ambitieux et plein d’engagement pour enfin trouver les mécanismes de sa réalisation, se tournent plutôt à attaquer la modeste personne de Succes Masra, Premier Ministre. Cela montre à suffisance leur incapacité de monter un projet aussi louable que celui de Dr Succès Masra pour le pays depuis qu’ils rôdent au Gouvernement.

Honorables Conseillers,

Permettez moi de vous faire mention de ceci, quant on est conseiller national, on doit se demander qu’est-ce qu’on doit conseiller et qui ? La réponse serait certainement ” on conseille toutes actions nationales ou gouvernementales peu importe venant de l’opposition, d’un citoyen ” l’essentiel est que ça contribue au développement du pays.

Honorables Conseillers,

Le peuple Tchadien a enfin compris que vous êtes là pour garnir vos comptes bancaires et non pour le peuple. Par ce constat édifiant et conseillant, le peuple s’interroge. Est-ce que ces conseillers nationaux qui tiennent des propos pharaoniques comme tels ont dans leur cœur la volonté et/ou l’amour de développer ce pays? (1), sont-ils réellement des patriotes? Si oui, quels projets de société aussi louable que celui proposé par le Dr Succès Masra peuvent suggérer au peuple Tchadien ? (2). Les idées ne sont-elles pas des planètes importantes qu’une personne mortelle? (3). Quelle immaturité !

Honorables Conseillers,

Les idées du Roi Christophe, un personnage principal de la pièce de théâtre de l’écrivain martiniquais Aimé Césaire, du Célèbre Nelson Mandela, Martin Luther King, Patrice Lumumba pour ne citer que ceux ne sont-elles pas importantes que ces personnes mortelles qui ne sont plus aujourd’hui sur cette planète ? Sur ce, je demande humblement avec toute humilité à tous mes frères et sœurs tchadien (nes) de considérer les idées dans toutes ces perspectives que la portée d’une personne.

Ce message d’interpellation s’adresse à vous les portes paroles du peuple particulièrement et à tout Tchadien ou Tchadienne en général, qui a la possibilité de porter ma voix au sommet qu’il/qu’elle le fasse afin que nous prenions conscience de notre destin pour que le Tchad soit respecté et Célébré au détriment de nous.

Que Dieu donne la sagesse et l’intelligence à nos autorités, qu’il les protège et protège le peuple Tchadien dans sa globalité. Contribution-Proposition-Réalisation

NANDIGNGAR Mardochée, citoyen.

Le Coordonnateur de la CONAJEPDT écrit une lettre ouverte au Président de Transition 

Excellence, qu’il me soit permis de vous écrire pour d’abord, saluer votre initiative louable demmener la paix perdue après une série de crises qui se sont succédés. 

La signature dun accord avec le Parti Les Transformateurs va certes, encourager les autres acteurs à venir autour dune table pour engager les négociations, mais il ne devrait effacer ce tableau sali par le sang des paisibles innocents tchadiens.

À ce jour, toutes les enquêtes menées par les organisations nationales et internationales crédibles ont démontré lusage disproportionné des armes à feu et blanches par des auteurs dont leur identité reste encore inconnue. Donc, il y a des tueries délibérées lors des évènements du 20 octobre 2022 et par conséquent, les auteurs et co-auteurs de ces actes doivent répondre devant les juridictions nationales et internationales pour que les familles des victimes fassent leurs deuils normalement.

Il faudra rappeler que les évènements du 20 octobre 2022 sont les conséquences des résolutions du Dialogue National qui ont donné un feu vert à ceux qui tiennent le pouvoir militaire de lexercer sans contrôle des actions et surtout de vous permettre de continuer à exercer un pouvoir dynastique. Cette manière de gérer le Tchad ne va pas garantir une paix durable.

Depuis que vous vous êtes installé au pouvoir le 20 avril 2021, la situation sociale des jeunes et des femmes sest dégradée de manière significative. La promesse demploi des jeunes est déjà oubliée. Le nombre des diplômés sans emplois augmente sur le marché de travail. Les jeunes nont pas de perspectives. Le panier de la ménagère a perdu son pouvoir d’achat.

Les prix de matières de première nécessité ont fortement augmenté, ainsi que les loyers. Le prix de transport interurbain a quasiment doublé suite à laugmentation du prix du carburant. Nous sommes en train de mourir à petit feu. Pas de gratuité de soins médicaux, mauvaise prise en charge dans nos rares hôpitaux pour des raisons de plateaux techniques défaillants. Pas d’eau, pas d’électricité si ce n’est des promesses.

Le peuple est en train daccumuler des frustrations suite aux élévations et nominations sélectives dans lAdministration Publique. Vos actions ne favorisent pas la paix ni le vivre ensemble.

Monsieur le Président, la crise sociale enclenchée par la centrale syndicale mérite une attention particulière de votre part. au lieu de multiplier des voyages qui coûtent des milliards à notre Trésor Public, pensez à verser cet argent pour développer le Tchad.

Excellence,

Vous êtes resté insensible face aux cris des populations qui ont dénoncé les détournements des deniers publics par vos proches collaborateurs. De l’argent qui pourra permettre au Tchad d’organiser des élections libres et transparentes sans aides extérieures.

Donc nous vous exhortons à ne plus accepter dêtre entouré par les voleurs de la République comme vous lêtes aujourdhui.

Du point de vue politique, le DNIS n’étant pas inclusif au premier sens du mot et surtout les résolutions issues de ce dialogue peinent à être correctement appliquées à lexemple de la CONOREC, nous vous demandons de suspendre le processus électoral enclenché par la CONOREC pour corriger les graves lacunes observées par les actions politiques afin déviter au Tchad une crise électorale.

Car La CONOREC nest pas indépendante et n’est rien de plus quune machine mise en place par le gouvernement de transition pour adouber la population et matérialiser son intention de confisquer le pouvoir ;

La CONAJEPDT, en tant que première force sociale de la jeunesse tchadienne, demande au Gouvernement de transition et aux partenaires techniques et financiers de suspendre ce processus référendaire ;

Nous vous demandons une fois de plus de mettre en place un organe indépendant et crédible, digne de confiance, composé de différentes forces vives de la nation, chargé dorganiser le vote référendaire sur la forme de l’État, couplé avec le référendum constitutionnel.

Excellence,

Un mémorandum sera élaboré et soumis à votre attention ainsi quaux partenaires techniques et financiers pour mesurer l’ampleur de la crise politique et sociales qui guette le Tchad.

Excellence,

Telle est la quintessence de cette lettre soumise à votre très haute attention.

MAHAMAT OUMAR IBRAHIM

COORDINATEUR NATIONAL de la CONAJEPDT

 

Ethique politique et responsabilité morale : le Tchad dégringole

C’est fini ! Le Tchad est tombé dans l’encolure de la folie politique. Au pays des Pionniers des Illuminés fondateurs d’une Nation civilisée, le pouvoir qui rend fou et la quête du pouvoir rend fou.

C’est du bout des doigts que l’on compte les porteurs de bonnes nouvelles. Tout le reste de la classe politique tchadienne est un arsenal de has-been dont le regard du rétroviseur illustrerait des amas de forfaitures, de délits et d’infractions.

Ceux qui sont au pouvoir, comme ceux qui sont dans l’opposition (à quelques exceptions près), ont tous à leurs actifs des ignominies. Mais la démagogie, la serviabilité et la perfidie les couvent et les couvrent. Ceux qui se sont engagés les mains immaculés et l’âme pétrifiée de valeurs, sont ceux-là même qui sont combattus.

Les alertes des Mystiques qui savent prévoir l’avenir et anticiper le futur ne sont pas écoutées.

Ceux qui, imams, pasteurs, prêtres, journalistes, Chefs coutumiers, défenseurs des droits de l’Homme, etc. dit-on, devraient endosser le manteau de sentinelles sont, selon leurs calculs et les largesses de détenteurs de pouvoirs, des acolytes.

Jamais le champ politique n’a été aussi malpropre et encrassé. Des aspirants au pouvoir exécutif ou législatif injurient, menacent. Ceux qui veulent confirmer leurs forces d’hier insultent ou mentent.

La République du Tchad est blessée. Le bien public est embrouillé à l’intérêt de parti, faisant une double impunité d’un rapport intouchables et d’une forfaiture qui tue.

La République au Tchad n’est plus la somme du labeur des générations qui se sont succédés, ces générations, depuis les pionniers, sont encore au Cœur des Institutions, intimidant de leurs antiques voix et même insultant publiquement. Le mensonge n’est une bassesse. Le reniement n’est plus une abjection.

Le nouveau mal tchadien est la transformation, par les politiciennes et les politiciens, de la République en domaine de jouissance, de délices et d’enrichissement. Les jeunes s’en enragent. Les enfants se montrent dédaigneux. Dommage !

Avec la marche du temps, la boulimie de la basse politique, sa démocratie tant chantée à tue-tête, offre une image hideuse : insultes, atteintes à la dignité humaine et à l’intégrité physique, calomnie, attaque incivile et malotrues contre les Institutions de la République inconvenantes et indélicates de ceux qui les incarnent.

Certains pays qui sont entrés dans la civilisation démocratique dans les années 90 avec les Conférences nationales, les antagonismes sont rythmés d’idées, de propositions et de contrepropositions sur fond de communication politique intelligente et respectueuse. Et le Tchad renvoie aux acteurs politiques africains et à l’intelligentsia l’image d’une comédie qui n’est animée que par des Tartuffes imparfaits.

Evariste Djeteke

 

 

Tchad : Notre Société est malade et sans issue (Mahamat Hassane Moustapha)

Le Coordonnateur National de l’association H5 Academy, dans une tribune, évoque la situation de la société tchadienne et de la manière dont celle ci est gérée par les gouvernants.

L’intégralité de la tribune

Les inégalités sociales et l’injustice extrême peuvent entraîner inéluctablement notre nation vers l’abîme. Ces maux peuvent avoir un effet dévastateur sur notre société dans son ensemble.

La répartition inégale des richesses ne fait que creuser le fossé entre les différentes communautés. Les impacts les plus courants incluent la pauvreté, l’exclusion sociale, l’instabilité politique, les replis identitaires, les conflits, la discrimination, le préjudice, les frustrations, l’immigration, la haine ainsi que la perte de productivité.

Notre société est malade. Elle se heurte à des difficultés considérables : y’a t’il une issue ou un dénouement? Sinon il est nécessaire, voire urgent d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

Mahamat Hassane Moustapha

Succès Masra n’est pas un homme parfait et politiquement un dirigeant infaillible

Il suffit de contredire, critiquer ou soulever de simples observations sur Succès MASRA et ses discours, opinions, vous serez attaqué par une meute des militants de Transformateurs zélés, enragés, extrémistes et vagabonds d’esprit. 

Ceux là, contrairement aux esprits lucides de certains cadres du parti, ne peuvent ignorer que leur parti a l’ambition de parvenir au pouvoir par des élections, donc par un projet politique et convaincre les Tchadiens !

Soyez comme votre leader Succès MASRA qui accepte volontier les observations, critiques, le débat contradictoire et parfois il demande pardon aux autres !

Il faut rappeler à ces militants zélés, enragés, extrémistes…qui considèrent Succo Sam ( Succès MASRA) un homme politique parfait, inattaquable sur ses discours, opinions, à un dirigeant infaillible, un messie…,que le chemin du pouvoir par élection n’est pas un fleuve tranquille, une promenade de santé, mais parsemé de beaucoup d’obstacles, adversaires redoutés, de jeu d’alliance et infine convaincre les Tchadiens sur 1284.000 km carrés.

La République du Tchad ne s’arrête pas au “balcon de l’espoir” (siège du parti Les Transformateurs ) !

Kebir Mahamat Abdoulaye, 18 octobre 2022

Tchad : Dr Korom Acyl Dagache condamne le sentiment anti français

De nos jours, force est de constater que le sentiment anti français qui alimente les débats dans les taudis, chaumières ou salon feutrés tire son essence dans les discours populistes. 

Il est généralement l’œuvre des chantres du panafricanisme considérés comme des chauffeurs aveugles et qui décident de rouler à une vitesse carabinée dans les grands boulevards.

Le Tchad est libre et indépendant, c’est une évidence indubitable. Mais cela ne devrait en principe, pas nous entraîner dans la quête d’un divorce diplomatique précipité.

Le Tchad de par sa position stratégique attise des puissances étrangères. Cependant, j’estime que la polygamie partenariale devrait être notre credo au sens des relations multilatérales.

Ne perdons pas de vue l’appui de la France au début de la Transition. Lors des obsèques du feu Maréchal, parmi les dirigeants occidentaux, lequel nous a fait montre d’une solidarité fraternelle? Ne dit-on pas que c’est dans les moments difficiles qu’on reconnaît les vrais amis?

Je ne suis pas un apôtre de la France Afrique mais je condamne la diabolisation de ce pays partenaire stratégique.

Dr Korom Acyl Dagache, Coordinateur national du Mouvement citoyen notre Tchad

Opinion : La Nécessité de la rédaction de la Stratégie Nationale de l’Insertion Professionnelle et Emploi des Jeunes par le Gouvernement du Tchad

Le sous-emploi des jeunes constitue l’une des problématiques majeures que connait notre pays, avec des conséquences fâcheuses par moment. 

Pour résoudre ce problème, l’entrepreneuriat apparait sans doute comme solution alternative permettant en outre, d’absorber rapidement le nombre sans cesse croissant des chômeurs.

Des actions et efforts tous azimuts sont déployés par le Gouvernement entre autres, la création et la mise en œuvre des divers fonds et offices au profit des jeunes à savoir le Fonds National d’Appui à la Formation Professionnelle (FONAP), l’Office National pour la Promotion de l’Emploi (ONAPE), l’Initiative 50000 Emplois Décents pour les Jeunes du Tchad, l’Office National d’Appui à la Jeunesse et aux Sports(ONAJES), L’Agence Nationale du Volontariat au Tchad (ANVOLT), etc. Cela dénote la volonté du Gouvernement à solutionner les nombreuses attentes de la jeunesse de notre pays.

Cependant, plusieurs obstacles institutionnels font obstructions à l’insertion professionnelle des jeunes.

La situation défavorisée des jeunes sur le marché du travail due à leurs caractéristiques intrinsèques peut s’expliquer en partie par des faiblesses du dispositif de formation et des services publics d’emploi.

On relève l’insuffisance des budgets alloués au programme de formation des jeunes, au renforcement des capacités des structures de formation aussi bien en termes d’infrastructures que de compétences, la faiblesse du cadre institutionnel promouvant l’implication du secteur privé dans le processus de formation, la faiblesse du partenariat public-privé, l’incapacité d’anticipation de la dynamique des besoins en compétences futures aussi bien au niveau de l’Etat que du secteur privé, l’exclusion de l’entrepreneuriat dans les programmes de formation, etc.

Dans le second cas, les services publics d’emploi n’offrent pas un accompagnement suffisant aux jeunes demandeurs d’emploi. On note une insuffisance des capacités opérationnelles des services publics emplois et des dispositifs /programmes d’insertion et d’emploi des jeunes. L’accompagnement est surtout faible au niveau de l’auto-emploi dans un environnement des affaires défavorable et avec des mécanismes de financement relativement inadaptés.

En troisième lieu, la faiblesse de la culture évaluative des programmes mis en œuvre par les services publics pour pérenniser les emplois à fort impact socioéconomique crées. Aussi, tous les efforts déployés par le Gouvernement ne sont pas documentés. A noter l’inexistence de revue annuelle qui permettrait d’appréhender l’importance quantitative des emplois crées, la répartition dans l’espace, le ciblage et l’évolution, et par là-même de se faire une idée de son impact quantitatif sur le marché du travail des jeunes.

Également, en dernier lieu, il y a un chevauchement des missions et des activités des structures publiques (citées ci haut) en charge de l’insertion des jeunes. Bien que les missions de ces structures étatiques ont été définies, on observe par endroit des chevauchements dans la mise en œuvre des politiques d’emploi des jeunes.

Une clarification des missions des structures avec en perspective une meilleure synergie dans les interventions est nécessaire.

Pour ce faire, le Gouvernement doit rédiger la Stratégie Nationale de l’Insertion Professionnelle et Emploi des Jeunes sur cinq années (2023-2028) pour permettre de faire : (i) le diagnostic de l’insertion professionnelle et de l’emploi des jeunes (qui présente la situation des jeunes sur le marché du travail et fait le bilan de la politique nationale de la jeunesse), (ii) le cadrage stratégique de la stratégie nationale de l’insertion professionnelle et emploi des jeunes 2023-2028 (comprenant la vision spécifique, la théorie du changement, la logique d’intervention et les facteurs de succès), et (iii) la formulation des mécanismes de coordination, de mise en œuvre, de suivi-évaluation et du plan de communication de toutes les initiatives en place.

Kemba Didah Alain

Marche vers l’Acquisition Complète de la Souveraineté des États d’Afrique Francophone (Dr Ousmane Houzibe)

L’Afrique francophone est le théâtre de bouleversements politiques majeurs au cours des dernières décennies, mettant en évidence le « Printemps Révolutionnaire Africain » et les ruptures intempestives de l’ordre constitutionnel. Ces événements ont suscité un intérêt croissant des chercheurs et analystes pour comprendre les dynamiques complexes qui sous-tendent ces mouvements révolutionnaires et leur impact sur le processus d’acquisition de la souveraineté dans les États d’Afrique francophone.

Selon Achille Mbembe, intellectuel et politologue camerounais, les révoltes et les soulèvements en Afrique ont été alimentés par “un profond sentiment d’aliénation” envers les régimes en place et les élites politiques. Dans son ouvrage “Critique de la raison nègre”, il explore les racines de la rébellion africaine et les aspirations des citoyens à une gouvernance plus démocratique et équitable.

D’autre part, l’historien et politologue français Jean-François Bayart, dans “L’illusion identitaire”, examine comment les processus de démocratisation et de construction nationale en Afrique francophone ont été marqués par des crises politiques récurrentes et des conflits dus à des identités multiples et complexes.

Dans une étude publiée par la revue “Afrique Contemporaine”, les chercheurs Thibaut Jaulin et Hélène Charton se penchent sur les facteurs qui ont conduit à l’émergence du Printemps Révolutionnaire Africain. Ils soulignent l’importance des médias sociaux et des nouvelles formes de mobilisation dans la propagation des idées révolutionnaires et la mobilisation des citoyens.

L’ouvrage collectif “Les Afriques au défi du XXIe siècle” sous la direction de Catherine Coquery-Vidrovitch et Odile Goerg aborde également le thème des mouvements sociaux et politiques en Afrique, en mettant en évidence les aspirations démocratiques des peuples africains face à des régimes politiques autoritaires.

À travers cette réflexion, nous nous proposons de plonger dans une exploration approfondie du « Printemps Révolutionnaire Africain » et ses implications sur le processus d’acquisition de la souveraineté dans les États d’Afrique francophone. En nous appuyant sur des sources crédibles et d’autres travaux de recherche, nous chercherons à comprendre les origines des mouvements révolutionnaires, les moments clés des ruptures constitutionnelles, ainsi que les défis et les opportunités qui se présentent pour consolider la démocratie et renforcer la souveraineté dans cette région en constante évolution.

L’étude approfondie de ces questions revêt une importance cruciale pour une meilleure compréhension des défis politiques contemporains en Afrique francophone et pour tracer des perspectives vers un avenir où les aspirations démocratiques et la souveraineté des États seront pleinement réalisées.

Le printemps révolutionnaire africain fait référence aux différents bouleversements politiques et sociaux qui ont lieu depuis 2020 dans certains États d’Afrique noire francophone, caractérisée par des coups d’États militaires (Mali, Guinée Conakry, Burkina Faso et aujourd’hui le Niger), des mouvements de contestations contre la vie chère, des manifestations de masse et des soulèvements populaires contre les régimes établis qui ont la tentation de conservation du pouvoir ou du 3ème mandat. Ces événements ont souvent entraîné des ruptures intempestives de l’ordre constitutionnel, c’est-à-dire des changements brusques et non planifiés dans la structure du pouvoir politique et dans le respect des lois et Constitution, socle du contrat social entre les gouvernants et les gouvernés.

Ces ruptures intempestives de l’ordre constitutionnel sont souvent le résultat de manifestations et de protestations des citoyens mécontents de la gouvernance de leurs pays. Le printemps révolutionnaire prend de plus en plus un essor important en Afrique francophone et permet de mettre en lumière des problèmes tels que la corruption, la mauvaise gouvernance, l’injustice sociale, l’absence de respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ainsi que la mainmise prolongée au pouvoir des dirigeants autoritaires en complicité avec la France.

Les causes profondes de ces révolutions peuvent être multiples, notamment des inégalités socio-économiques, un mécontentement généralisé envers le régime en place, des élections contestées ou manipulées, et une jeunesse de plus en plus éduquée et consciente qui aspire à des changements démocratiques.

Ces mouvements révolutionnaires pourraient entraîner des changements des régimes à la solde de Paris avec des impacts significatifs sur l’évolution politique et sociale de ces pays. Les conséquences à court et long terme de ces révolutions africaines pourraient être positives, notamment l’émergence de nouveaux dirigeants démocratiquement élus, des réformes politiques et institutionnelles, et une plus grande participation citoyenne dans le processus politique. Bref, le développement de l’Afrique par les africains.

Cependant, ces ruptures intempestives de l’ordre constitutionnel peuvent également conduit parfois à des instabilités politiques et à des conflits internes, ralentissant ainsi le processus d’acquisition complète de la souveraineté dans certains États. La construction de démocraties solides et durables peut prendre du temps et nécessite souvent des efforts continus pour consolider les institutions démocratiques et les pratiques de gouvernance transparentes.

En conclusion, bien que le printemps révolutionnaire africain ait marqué une étape importante vers l’acquisition complète de la souveraineté dans les États d’Afrique noire francophone, il reste encore des défis à surmonter. La voie vers une souveraineté pleinement réalisée implique généralement des processus de consolidation démocratique, de respect des droits de l’homme et de l’état de droit, ainsi que d’engagement civique continu pour permettre un développement durable et équitable dans ces pays.

Dr Ousmane Houzibe