16 octobre 2026
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Depuis le 21 juin 2023, les deux syndicats des magistrats du Tchad, à savoir le Syndicat des Magistrats du Tchad (SMT) et le Syndicat Autonome des Magistrats du Tchad (SYAMAT), ont lancé une grève sèche et illimitée pour revendiquer l’indépendance du CSM, l’augmentation de salaire, les meilleurs conditions de travail, la sécurité des magistrats, la construction d’un nouveau palais de justice, etc. 

Quant à l’indépendance du CSM, le nouveau projet de Constitution a répondu en faveur des magistrats. Les autres points de revendications restent sans dénouement pour permettre aux deux syndicats des magistrats d’appeler à la reprise effective du travail.

Mais, malgré un arrêté du ministre de la justice du 10 juillet 2023, ordonnant la réquisition de quelques magistrats, les grévistes n’ont pas fléchi et qualifient cet arrêté de réquisition d’incorrect. Après cette tentative de réquisition loupée, le premier ministre a mis en place une commission par arrêté N°7991/PT/PM du 28 juillet, pour contrôler et vérifier les dossiers administratifs de tous les magistrats, notamment, leurs arrêtés d’intégration, de reversement et leur détachement.

Cette commission, vise selon le chef du gouvernement à identifier toute procédure irrégulière dans la gestion de la carrière des magistrats. Là encore, les deux syndicats des magistrats, ont une fois de plus rejeté ce contrôle et soulignent que c’est une manœuvre du gouvernement pour casser leur dynamique, bien que certains magistrats, en leurs noms propres, soulignent que ce contrôle est bénéfique pour les concernés pour assainir ce milieu.

Mais, pour les magistrats dans leur ensemble, Saleh Kebzabo qui a commencé par les menaces verbales au cours d’une rencontre avec les responsables des syndicats des magistrats, se mêle un peu les pinceaux avec cette décision. Car, il n’est pas le président du CSM, ni l’inspection générale du ministère de la justice pour s’occuper de la gestion des carrières des magistrats.

Après plusieurs tentatives sans succès de pousser les grévistes à la reprises, le ministère de la justice entre dans la danse par une note qui somme les présidents des tribunaux d’envoyer chaque jour la liste de présence effective des magistrats sur leurs lieux de travail. Cette note menace d’élaguer le salaire des magistrats qui seront absents sur leurs lieux de travail. Alors que le droit de grève est constitutionnellement reconnu au Tchad.

Aux dernières nouvelles, un groupe ad-hoc, constitué de quelques magistrats monté de toutes pièces par le ministre a appelé par un communiqué radio à la reprise des activités. Mais, mais les deux syndicats des magistrats disent être vigilants face à ces manouvres.

Par un communiqué conjoint du 04 aout 2023, les deux syndicats disent avoir examiné les différentes manouvres de la chancellerie, visant à casser la dynamique de leurs revendications. Les deux bureaux ont appelé à la vigilance et à l’esprit syndical de chaque magistrat, tout en appelant leurs camarades au respect strict de la grève sèche.