Le conflit social dans l’éducation sénégalaise franchit une nouvelle étape. En février, des milliers d’enseignants ont vu leur salaire amputé, parfois de plus d’un tiers, en raison de la grève qu’ils mènent depuis quatre mois. Les syndicats dénoncent des retenues « massives » et jugées arbitraires, touchant même des personnels non grévistes ou en congé de maternité.
Les montants prélevés varient de 35.000 à 281.000 francs CFA (53 à 429 euros). Pour rappel, un enseignant non titulaire gagne entre 250.000 et 300.000 francs CFA par mois, tandis qu’un titulaire peut percevoir jusqu’à 800.000 francs CFA.
Le ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal, assure que ces coupes respectent le droit de grève. Il appelle au dialogue, mais souligne que l’État ne peut satisfaire toutes les revendications sans mettre en péril des finances publiques déjà fragilisées.
Le Sénégal fait face à un déficit budgétaire avoisinant 14 % du PIB et à une dette publique estimée à 132 % du PIB fin 2024. Le FMI a suspendu son programme d’aide de 1,8 milliard de dollars, contraignant Dakar à renégocier un nouvel accord.
Un système éducatif sous tension
Entre revendications sociales et impératifs financiers, le bras de fer risque de s’aggraver. Les retenues salariales alimentent la colère des enseignants, menaçant la stabilité du système éducatif, alors que le président Bassirou Diomaye Faye tente de restaurer la crédibilité économique du pays.
