Éducation : la Banque Mondiale présente un rapport sur la qualité de l’éducation au Tchad

L’enquête sur les Indicateurs des Prestations de Service (IPS) réalisée au Tchad a permis de mettre en lumière d’importants problèmes de qualité dans la prestation des services éducatifs dans les écoles primaires du pays. Le rapport correspondant a été présenté au public ce jour, et a souligné les écarts significatifs entre les secteurs public, communautaire et privé, ainsi qu’entre milieu urbain et milieu rural.

«Avoir des données fiables et à jour est un élément fondamental de tout processus de développement, car elles permettent d’établir un diagnostic objectif, de tracer un tableau de bord de suivi et d’évaluation, mais également pour coordonner la mobilisation des ressources,» a souligné Kofi Amponsah, Représentant résident par intérim de la Banque mondiale au Tchad. «Cette étude au Gouvernement et à toutes les parties prenantes de déterminer avec plus de précision les priorités à affronter ».

Le système éducatif au Tchad est confronté à des défis majeurs, tels que l’absentéisme des enseignants ainsi que le manque de ressources scolaires et d’infrastructures de base dans de nombreuses écoles. Lors d’une visite inopinée, 1 enseignant sur 4 n’est pas dans l’enceinte de l’école. Seul un élève sur 10 dispose d’un manuel pour la matière observée (mathématiques, français, arabe) dans les écoles publiques et communautaires.

Ces défis se traduisent par des résultats d’apprentissage insuffisants des élèves. Une proportion de 40 pour cent des élèves sont incapables d’effectuer une addition à deux chiffres. Deux-tiers des élèves sont incapables de lire une phrase simple en français, et moins de 41 pour cent réussissent à lire une phrase simple en arabe.

Les diplômes des enseignants, la disponibilité des manuels scolaires et la localisation géographique des écoles exercent une influence sur les performances des élèves.

Le rapport apporte une série de propositions en vue d’améliorer la gestion des enseignants. Il préconise également une révision du programme d’études des écoles normales, ainsi que des mesures pour améliorer la distribution des manuels scolaires. En termes de gouvernance, il recommande de renforcer les dépenses publiques d’investissement dans l’éducation, et d’inclure davantage les parents et les communautés dans le suivi et la prise de décision.

Les recommandations du rapport seront utiles à toutes les parties prenantes du secteur de l’éducation au Tchad, dans un contexte où la pandémie du COVID-19 a entraîné un effondrement massif du capital humain dans de nombreux pays africains. Si l’on n’y remédie pas, ces revers auront des répercussions durables sur l’accumulation du capital humain, les revenus et la croissance économique.

Les enquêtes sur les Indicateurs de prestation de services (IPS) sont une initiative de la Banque mondiale qui offrent des mesures clés et comparables de la qualité de prestation des services en éducation dans les pays à revenu faible et à revenu intermédiaire. Les niveaux des indicateurs IPS au Tchad se situent systématiquement en dessous des moyennes subsahariennes.

Cette enquête a été réalisée en 2021 par l’équipe de la Banque mondiale, à la demande du ministère de l’Éducation Nationale et de la Promotion Civique (MENPC). Elle a eu lieu dans les 23 provinces du pays, et a couvert 531 écoles primaires.

Source : Banque Mondiale