Le Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, a déclaré lors du forum africain de l’eau que le Tchad supprimera les visas d’entrée pour tous les ressortissants des pays africains. Une décision qui entrera en vigueur à l’horizon 2027 et qui s’inscrit dans la dynamique de l’intégration et de la libre circulation prônée par l’Union Africaine.
Pour le Chef de l’État, cette mesure vise à faciliter les échanges et à positionner le Tchad au cœur de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine, la ZLECAF.
Sur le plan économique, la suppression des visas doit permettre de fluidifier la mobilité de la main-d’œuvre, d’attirer les investisseurs et de booster le commerce. Sur le plan touristique, elle doit lever les multiples tracasseries liées à l’obtention des visas dans les ambassades.
« C’est une décision salutaire et historique », estime le gouvernement. Elle doit aussi renforcer le rayonnement culturel du Tchad et la crédibilité de sa diplomatie par un principe de réciprocité déjà appliqué par plusieurs pays du continent.
Si l’annonce du Président Mahamat Idriss Deby Itno de supprimer les visas pour tous les Africains à l’horizon 2027 est saluée comme un pas historique vers l’intégration continentale, elle soulève immédiatement la question de la sécurité.
Dans un contexte sahélien marqué par le terrorisme, la circulation d’armes et les trafics de stupéfiants, le Tchad, pays au cœur de quatre zones de crise, devra renforcer drastiquement ses dispositifs de contrôle aux frontières aériennes et terrestres. Cela passe par la modernisation des équipements, la formation des agents, l’interconnexion des bases de données et une coopération transfrontalière efficace. Sans ces garanties, l’ouverture risque de devenir une faille. Le défi pour N’Djamena sera donc de concilier la libre circulation voulue par la ZLECAF avec une vigilance accrue pour protéger ses citoyens.
Que pensent concrètement les Tchadiens ?
Mahamat, vendeur au Grand Marché de N’Djamena : « Si on supprime les visas, ça va nous arranger. Avant, pour qu’un Nigérian ou un Camerounais vienne acheter ici, c’était compliqué. Avec ça, les gens vont circuler, le commerce va bouger. Mais il faut que la sécurité suive hein, on ne veut pas de problèmes. »
Pour Dr Adoum, spécialiste en intégration régionale, « Sur le papier, c’est une excellente décision. Elle est alignée sur l’agenda 2063 de l’UA. Économiquement, le Tchad a tout à gagner : transit, tourisme, investissement. Le défi maintenant, c’est la mise en œuvre. Il faut des systèmes de contrôle aux frontières aériennes et terrestres efficaces, surtout avec le contexte sécuritaire au Sahel. »
Aïcha, étudiante en 3ᵉ année de Diplomatie : « Pour nous qui étudions les relations internationales, c’est un signal fort. Le Tchad montre qu’il veut jouer pleinement son rôle dans l’intégration africaine. Ça va faciliter les forums, les rencontres entre jeunes, les échanges universitaires. J’espère que d’ici 2027, on aura aussi des vols directs moins chers pour que ça serve vraiment. »
Si la mesure est saluée, elle appelle à la vigilance. Dans un contexte régional marqué par le terrorisme et les trafics, le gouvernement est interpellé.
Les départements en charge de la sécurité et des affaires étrangères doivent mettre en place un système de contrôle efficace aux frontières pour éviter toute infiltration de personnes à risque.
Lamana Nadji Désiré, HAMAMA MÉDIA
