Jugé par contumace depuis le 16 juin, l’ex-chef de l’État centrafricain vit en exil en Guinée-Bissau depuis mars 2023. Il comparaît avec trois coaccusés, Eugène Barret Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy, pour des crimes contre l’humanité présumés commis entre 2009 et mars 2013 dans une prison et un camp militaire de Bossembélé, dans le centre du pays.
Entendue par la cour, Hortense Balley Kombet, ex-compagne de Charles Massi, a raconté les circonstances de la disparition de l’ancien ministre en janvier 2010.
Selon elle, Charles Massi, ex-ministre sous Ange-Félix Patassé puis sous François Bozizé avant de passer dans l’opposition, s’apprêtait à rejoindre la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) lorsqu’il a été arrêté par les autorités tchadiennes.
« Il a ensuite été échangé contre Baba Laddé », un rebelle tchadien, avant d’être remis à des éléments de la garde présidentielle centrafricaine, a affirmé la témoin. Elle soutient qu’il a par la suite été torturé puis tué.
Ce sixième procès ouvert devant la CPS porte sur des faits allégués de meurtre, torture, privation grave de liberté, actes inhumains et disparitions forcées.
Le parquet spécial et les parties civiles s’opposent aux quatre accusés. Pour la défense des victimes, ce procès « Bossembélé » du nom de la ville où la plupart des crimes auraient été commis, représente un enjeu majeur de justice, plus de douze ans après les faits.
Avec AFP
