RCA: Faustin-Archange Touadéra accuse les occidentaux de pillage des richesses de son pays

Au sommet des Pays les moins avancés à Doha, le président centrafricain a fustigé le pillage des ressources de son pays et les visées géostratégiques des puissances étrangères, qu’il accuse de prendre « le peuple centrafricain en otage».

Lors d’un sommet des Pays les moins avancés (PMA) sous l’égide de l’ONU à Doha, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a violemment attaqué les Occidentaux, les accusant « d’entretenir l’instabilité politique » pour piller les richesses du pays et empêcher son développement. Le chef de l’État a jugé son pays « victime de visées géostratégiques liées à ses ressources naturelles ».

« La République centrafricaine est soumise depuis son indépendance à un pillage systématique facilité par l’instabilité politique entretenue par certains pays occidentaux » et des « groupes armés terroristes dont les leaders sont des mercenaires étrangers », a-t-il dénoncé. « Les attaques récurrentes » de ces groupes visent à « rendre le pays ingouvernable, à empêcher l’État d’exercer son droit de souveraineté sur les réserves naturelles et son droit légitime à l’autodétermination ».

Après le départ du gros des troupes françaises de Centrafrique, Moscou y avait dépêché des « instructeurs militaires » en 2018, puis des centaines de paramilitaires en 2020 à la demande de Bangui, confrontée à une nouvelle rébellion. Les derniers soldats français ont quitté le pays en décembre dernier. L’expert indépendant de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Centrafrique avait accusé en février l’armée et ses alliés russes d’exactions contre la population et des élus.

L’Union européenne avait ensuite annoncé de nouvelles sanctions contre le groupe paramilitaire russe Wagner pour ses « violations des droits humains » en Afrique, visant plusieurs de ses hauts responsables en Centrafrique, dont « le conseiller à la sécurité » de Faustin-Archange Touadéra, et le porte-parole du groupe Wagner dans le pays.

Au Qatar, le président a demandé pourquoi son pays, « doté d’un immense trésor géologique – l’or, les diamants, les matières premières stratégiques dont le cobalt, l’uranium, le pétrole – encore inexploité […] demeure plus de 60 ans après l’indépendance un des pays les plus pauvres du monde ».

Il a aussi fustigé «l’embargo injuste et illégitime sur les armes à destination des forces armées centrafricaines et sur le diamant centrafricain » ainsi que « les campagnes de désinformation et de diabolisation de certains médias étrangers en vue de décourager les investisseurs ».

« Le peuple centrafricain est donc pris en otage », a-t-il martelé jugeant les efforts de son gouvernement « compromis par les visées géostratégiques auxquels il est totalement étranger » et appelant à la levée de la suspension de l’aide des bailleurs (UE, FMI, Banque mondiale) et de l’embargo sur les armes et les diamants.

Avec Jeune Afrique