Les responsables africains et internationaux de la santé animale se réunissent au siège de la FAO à Rome pour accélérer la mobilisation des financements, des partenariats et des actions coordonnées nécessaires à l’éradication de la peste des petits ruminants (PPR), une maladie virale qui continue de menacer les moyens de subsistance de millions d’éleveurs à travers le continent africain.
Organisé en marge de la Conférence mondiale de la FAO sur la transformation des systèmes agroalimentaires, le dialogue de haut niveau intitulé « De l’engagement politique à l’éradication financée : accélérer la mise en œuvre continentale pour une Afrique sans PPR » vise à combler l’écart entre les ambitions affichées et les ressources effectivement mobilisées pour lutter contre cette maladie transfrontalière.
La PPR touche principalement les moutons et les chèvres, des ressources essentielles pour les communautés pastorales et les petits exploitants. Pour de nombreux ménages, notamment les femmes, les jeunes éleveurs et les populations vulnérables, ces animaux représentent une source cruciale de revenus, d’alimentation et de résilience économique. La perte de quelques têtes de bétail peut ainsi compromettre l’accès à l’éducation, aux soins de santé et à une alimentation adéquate.
Selon les estimations présentées lors de cette rencontre, la maladie entraîne chaque année près de 2,1 milliards de dollars de pertes économiques mondiales. Plus de 70 pays ont déjà confirmé son élimination à l’intérieur de leurs frontières, mais plusieurs autres demeurent exposés au risque d’introduction ou de résurgence de l’épizootie. Les pays concernés abritent environ 1,7 milliard de moutons et de chèvres, soit près de 80 % de la population mondiale de petits ruminants.
Bien que des vaccins efficaces, sûrs et abordables existent, les experts soulignent que leur déploiement reste confronté à plusieurs défis, notamment l’approvisionnement régulier en vaccins, la disponibilité de chaînes du froid performantes, la formation du personnel vétérinaire et l’accès aux communautés isolées.
Les participants au dialogue de Rome insistent sur le fait que l’éradication de la PPR ne peut être obtenue par des efforts nationaux isolés. La maladie circule au-delà des frontières à travers les mouvements d’animaux et les échanges commerciaux, rendant indispensable une coopération régionale renforcée, un financement prévisible et une responsabilité partagée.
Les discussions porteront notamment sur la mobilisation de ressources nationales et internationales durables, le renforcement des systèmes de surveillance zoosanitaire, l’amélioration des services vétérinaires, la sécurisation des approvisionnements en vaccins et la traduction des plans nationaux en résultats mesurables sur le terrain.
Les promoteurs de l’initiative mettent également en avant les bénéfices économiques d’un investissement accru dans la lutte contre la PPR. Une étude mondiale publiée en 2016 estime qu’un programme d’éradication sur quinze ans, évalué à environ 2,26 milliards de dollars, pourrait générer jusqu’à 76,5 milliards de dollars de retombées économiques, soit près de 34 dollars de bénéfices pour chaque dollar investi.
Au-delà de l’élimination de la maladie, les investissements consentis devraient renforcer durablement les systèmes de santé animale, la surveillance épidémiologique, les laboratoires vétérinaires et la préparation face à d’autres maladies transfrontalières telles que la fièvre aphteuse, la peste porcine africaine ou l’influenza aviaire.
Les organisateurs appellent ainsi les gouvernements, les banques de développement, les partenaires techniques et financiers ainsi que le secteur privé à transformer les engagements politiques en investissements concrets afin d’atteindre l’objectif mondial d’éradication de la PPR et de renforcer la sécurité alimentaire, la résilience économique et le développement durable en Afrique.
« Investir dans le bétail, c’est investir dans les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, le commerce et la résilience des communautés », conclut le communiqué.
