Le gouvernement gambien a annoncé la nomination de Martin Hackett, juriste britannique spécialisé dans les crimes de guerre et le terrorisme, au poste de procureur spécial chargé de poursuivre les crimes commis sous le régime de l’ancien président Yahya Jammeh.
Cette désignation intervient près de deux ans après la création du poste, et répond aux critiques sur la lenteur du processus. Hackett, qui a travaillé avec les Nations unies, devrait prendre ses fonctions avant la fin du mois.
Le procureur spécial aura pour mission de juger environ 70 suspects identifiés par la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC), qui a documenté entre 240 et 250 exécutions extrajudiciaires, ainsi que des cas de torture et d’enlèvements sous Jammeh. Son mandat, renouvelable tous les quatre ans, prévoit également la possibilité de saisir un tribunal spécial en cours de création.
En avril 2024, le Parlement gambien a adopté une loi créant le Bureau du procureur spécial et une juridiction dédiée aux crimes du régime. La CEDEAO a, de son côté, soutenu la mise en place d’un tribunal hybride régional, en partenariat avec la Gambie, bien que son financement reste à définir.
Pour Reed Brody, procureur international travaillant avec les victimes, « Martin Hackett apporte une expertise essentielle en matière de crimes complexes et de justice pour les victimes ».
Arrivé au pouvoir par un coup d’État en 1994, Yahya Jammeh a dirigé la Gambie jusqu’en 2017, avant de s’exiler en Guinée équatoriale. Sa chute avait ouvert la voie à un processus de vérité et de réconciliation, dont cette nomination marque une nouvelle étape.
