Les Centrafricains ont commencé à voter ce dimanche 28 décembre à l’occasion des élections générales, un scrutin décisif où le président sortant, Faustin-Archange Touadéra, apparaît comme le grand favori pour décrocher un troisième mandat consécutif. Environ 2,3 millions d’électeurs sont appelés aux urnes entre 5 h et 17 h (TU) pour élire le président de la République, les députés ainsi que les représentants municipaux et régionaux.
Âgé de 68 ans, Faustin-Archange Touadéra aborde ce scrutin en position de force. Élu en 2016 puis réélu en 2020 lors d’un vote marqué par des accusations de fraude, il est accusé par l’opposition d’avoir fait adopter en 2023 une nouvelle Constitution lui ouvrant la voie à un maintien prolongé au pouvoir.
Pour ses adversaires, tout semble avoir été orchestré pour lui permettre de l’emporter dès le premier tour.
Une partie de l’opposition a d’ailleurs choisi de boycotter le scrutin, dénonçant une « mascarade » et l’absence de véritable dialogue politique.
Une campagne maîtrisée, mais sous surveillance
Le chef de l’État a clos sa campagne par un meeting massif dans le stade de 20 000 places de Bangui, rempli pour l’occasion. La campagne s’est déroulée sans incidents majeurs, à l’exception notable de l’interdiction faite aux principaux opposants — Anicet-Georges Dologuélé et Henri-Marie Dondra — de prendre l’avion pour se rendre en province.
Sur les sept candidatures validées, deux figures émergent comme de potentiels adversaires sérieux du président sortant :
- Anicet-Georges Dologuélé, chef de file de l’opposition, arrivé deuxième lors des deux précédentes présidentielles et considéré comme son principal challenger.
- Henri-Marie Dondra, ancien Premier ministre de Touadéra, désormais candidat de l’Union Républicaine (UNIR) après avoir rejoint l’opposition.
L’Autorité nationale des élections (ANE) affirme avoir accrédité plus de 1 700 observateurs, nationaux et internationaux. Parmi eux figurent des représentants de l’Union européenne, de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et 32 observateurs de l’Union africaine.
