16 mai 2026
Bache 1

De plus en plus de jeunes militants quittent les partis politiques traditionnels, non pas par désillusion idéologique, mais dans l’espoir d’obtenir une nomination à un poste administratif ou institutionnel. Ce phénomène, qui s’apparente à une nouvelle stratégie de carrière, transforme la démission politique en opportunité professionnelle.

Certains y voient un « business » émergent pour la jeunesse, où l’engagement partisan devient un tremplin vers des fonctions publiques ou para-étatiques.

Au Tchad, ce nouveau phénomène attire l’attention des observateurs. Loin d’être un simple acte de rupture idéologique, ce geste s’inscrit désormais dans une logique pragmatique où la politique devient un levier d’accès aux responsabilités « business ».

Pour certains jeunes, quitter un parti est une manière de se rendre disponible pour de nouvelles opportunités offertes par les institutions ou par des figures influentes (parrains) du pouvoir.

Les nominations dans les cabinets ministériels, les agences publiques ou d’autres institutions deviennent ainsi des récompenses pour ceux qui savent se « repositionner au bon moment. »

« Nous avons milité depuis plusieurs années, il n’ya véritablement pas de changement. Nous prenons de l’âge et le temps passe. Notre avenir n’est pas dans ce parti stagnant et sans projet réel, » s’indigne un jeune quelques semaines après sa démission d’un Parti Politique, espérant avec une position dans un nouveau parti politique.

Les critiques dénoncent une marchandisation de l’engagement politique, réduisant la militance à une stratégie de carrière. Mais d’autres y voient une évolution naturelle : la jeunesse cherche à transformer son énergie militante en responsabilités concrètes, capables d’influencer directement la société.

Certains trouvent leur compte, d’autres (dupés ou naïfs) deviennent un poison permanent pour la société, déversant leur « venin » sur les réseaux sociaux avec une agressivité exceptionnelle.

Ce « nouveau business » révèle à la fois les fragilités et précarités des partis politiques, incapables de retenir leurs jeunes talents, et l’appétit d’une génération qui refuse de rester « spectatrice. »

C’est donc face à cette réalité, qu’entre convictions et opportunités, la démission politique devient un outil de mobilité sociale (GOMBO) et professionnelle.

TEYANE Bertrand