Par un point de presse animé ce samedi 17 mai 2025, au sein dudit ordre, à Ndjari dans le 8e arrondissement, le Conseil de l’Ordre des avocats du Tchad a maintenu son refus de prendre part aux audiences à la Cour suprême. C’est le bâtonnier de l’Ordre, Me Djerandi Laguerre Dionro, qui a animé ce point de presse.
Pour Me Djerandi Laguerre Dionro, cela fait bientôt deux mois que les avocats tchadiens, réunis au sein de l’Ordre des avocats du Tchad, ont suspendu leur participation aux audiences de la Cour suprême. Une décision prise lors de l’Assemblée générale du 22 mars 2025, en réponse à des « dérives judiciaires jugées graves au sein de la plus haute juridiction du pays. »
Selon lui, face à « l’immobilisme des autorités judiciaires, l’Assemblée générale du 16 avril a décidé de maintenir la cessation d’activités à la Cour suprême. » En attendant une nouvelle Assemblée générale, le Barreau du Tchad appelle les autorités au « respect du droit et à la responsabilité, afin de préserver l’État de droit et d’éviter que le système judiciaire ne sombre davantage dans l’arbitraire », ajoute-t-il.
Le Conseil de l’Ordre a exprimé ses préoccupations face à « l’entêtement » de la Cour suprême à ignorer les revendications du Barreau. « Malgré plusieurs rencontres tenues avec le ministre de la Justice et le président de la Cour suprême, les engagements pris n’ont pas été respectés. Pire, la Cour continue à tenir des audiences et à rendre des décisions sans la présence d’avocats, en violation de l’obligation du ministère d’avocat devant cette juridiction », s’indigne le Me Djerandi Laguerre Dionro.
Par ailleurs, suite aux événements meurtriers survenus au village Mandakao, dans la province du Logone Oriental, le Barreau du Tchad a tenu à exprimer ses condoléances aux victimes des violences survenues dans ce village Mandakao, ce 14 mai dernier. Il condamne fermement ces actes et appelle à une enquête transparente.
Dans cette même dynamique, l’Ordre exhorte le gouvernement à « nommer des administrateurs provinciaux qualifiés et formés », afin d’assurer une administration apaisée et de renforcer la cohésion sociale. Il appelle également à des mesures urgentes pour prévenir de nouveaux bains de sang.
Nodjihidi Franclin/Hamama Média
