Le casier judiciaire est considéré comme un document attestant de l’innocence d’une personne devant la justice. Il est délivré par le procureur de la république à la suite d’une enquête de moralité.
Cependant, il est indéniable que ces derniers temps, les casiers judiciaires sont délivrés sans qu’une enquête préalable soit menée sur le demandeur. Parfois, au tribunal, les casiers judiciaires sont déjà signés à l’avance et les greffiers se contentent de remplir les formulaires.
Cela peut sembler pratique, mais la méthode de délivrance pose véritablement problème.
À titre d’exemple, l’un de nos reporters a été témoin de ses propres yeux d’un cas à Chagoua, dans le 7e arrondissement où un officier de la police judiciaire remettait quatre exemplaires de casiers judiciaires à un client.
L’officier expliquait que c’était une procédure accélérée, mais il a fallu négocier avant d’obtenir les signatures, moyennant des frais de 2000 FCFA par casier judiciaire.
Comme le demandeur n’avait pas fait le déplacement pour cette formalité, il a remis 8000 FCFA pour obtenir les quatre casiers judiciaires et a payé un supplément de 2000 FCFA pour couvrir les frais de déplacement de l’officier.
Nous avons fait le même constat au tribunal de grande instance de N’Djamena. Là-bas, les gendarmes et d’autres personnes connaissant les procédures se disputent les clients pour les casiers judiciaires.
Il suffit qu’une personne s’approche du tribunal avec un papier à la main pour que des questions fusent de toutes parts : « Veux-tu un casier judiciaire ? ».
Les autorités sont interpellées à prendre leur responsabilité.
