La situation à Manbagué, dans la province de la Tandjilé, est devenue tragique. Le 7 avril 2025, deux jeunes ont perdu la vie à cause d’attaques d’éléphants, portant à 24 le nombre de décès en trois ans. Depuis leur arrivée dans cette région en 2022, ces animaux sauvages ont non seulement ravagé les cultures, mais ils ont également semé la terreur parmi les habitants.
Un appel au secours ignoré
Le délégué général du gouvernement auprès de la province de la Tandjilé a multiplié les rapports adressés au Ministère de l’Environnement et au Premier ministre. Plusieurs rapports du comité de gestion de cette crise au Premier ministre sont restés sans réponse. « Il est incompréhensible que le gouvernement reste inactif face à une menace si pressante, » déplore un ressortissant de la localité.
Les populations locales se sentent abandonnées, sans aucune mission gouvernementale pour évaluer les dégâts ni sécuriser la région. Ce silence est d’autant plus préoccupant.
Lors d’une plénière récente, le député de la Tandjilé-Ouest, Amoullah Toua Golbey, a interpellé le Premier ministre sur les dégâts causés par les éléphants. La réponse, « insinuant » que la population était en partie « responsable » des attaques, est choquante et témoigne d’un mépris pour la vie humaine, selon plusieurs victimes contactées.
Plus loin encore, dans une note adressée au ministre de l’Environnement, le député Amoullah a demandé au ministère d’ordonner l’abattage de certains pachydermes responsables des attaques, car ils sont isolés.
La réaction du gouvernement face aux braconniers, qui ont tué des girafes dans le parc de Zakouma, contraste fortement avec son inertie face aux attaques d’éléphants dans la province de la Tandjilé.
« Lorsque des animaux sont en danger, une forte délégation est mobilisée, mais lorsque des vies humaines sont en jeu, le silence prédomine. La loi sur la faune et les conventions ratifiées ne devraient pas primer sur la protection des vies humaines. Comme le préconise la Constitution tchadienne, la vie humaine est sacrée, » s’est indigné un autre ressortissant de la province, offusqué face à la situation.
Selon plusieurs observateurs, « la tragédie de Manbagué doit servir de signal d’alarme ».
