15 octobre 2026
IMG-20261014-WA0074(1)

À Pala, la tension monte entre les médias de proximité et les organisateurs de la Fête nationale de la jeunesse. L’Union des journalistes tchadiens (UJT), section du Mayo-Kebbi Ouest, dénonce une mise à l’écart « injustifiée » des radios locales dans la couverture de cet événement national et brandit la menace d’un boycott des activités administratives et institutionnelles si cette situation venait à perdurer.


Dans un point de presse animé le 13 octobre 2026 par son point focal, Mbaïassem Théodore, l’UJT a exprimé son indignation face à ce qu’elle qualifie de « mépris » envers les médias communautaires qui œuvrent chaque jour au plus près des populations.

Selon l’organisation, plusieurs radios locales, notamment Radio Terre Nouvelle, Radio Soleil, Radio Développement Global, Radio La Voix de Zah-Soo et Radio La Vie Nouvelle de Gagal, n’ont pas obtenu d’accréditations pour couvrir les festivités de la Fête nationale de la jeunesse, prévue du 13 au 15 octobre à Pala.
Pour l’UJT, cette situation constitue une contradiction majeure. « On ne peut pas parler de participation citoyenne, de mobilisation de la jeunesse et d’inclusion tout en écartant les médias qui donnent quotidiennement la parole aux communautés », dénonce l’organisation.
Au-delà de l’absence de badges d’accès, l’UJT pointe du doigt une pratique récurrente qui fragilise la presse locale ,le manque de considération accordé aux journalistes de terrain. Elle déplore que certains professionnels soient contraints de « courir derrière l’information » alors qu’ils jouent un rôle essentiel dans la sensibilisation, l’éducation citoyenne et la promotion des actions publiques.
L’organisation rappelle que les radios locales ne sont pas de simples relais de communication ni des accompagnateurs de cérémonies. Elles constituent un maillon indispensable entre les institutions et les citoyens, particulièrement dans les zones rurales où elles restent souvent la principale source d’information.

L’UJT appelle les autorités et les organisateurs d’événements publics à revoir leurs pratiques et à mettre fin à ce qu’elle considère comme une marginalisation des médias provinciaux au profit d’une communication concentrée uniquement sur les grands médias venus de N’Djamena.
« La presse locale mérite respect et reconnaissance. Elle ne doit pas être sollicitée uniquement lorsqu’il faut mobiliser les populations, puis oubliée lorsqu’il s’agit de couverture et de considération professionnelle », martèle l’organisation.
Face à cette situation, l’UJT prévient ,si l’exclusion des radios locales se poursuit, les médias privés du Mayo-Kebbi Ouest pourraient décider de suspendre leur participation à la couverture des cérémonies administratives et organisationnelles.

Pour l’Union des journalistes tchadiens, la bataille engagée dépasse la question des accréditations. Elle concerne la dignité des professionnels des médias, leur indépendance et la reconnaissance du rôle stratégique de la presse locale dans la construction d’une société mieux informée.

À Pala, le message est clair,aucune politique de communication publique ne peut se réclamer inclusive lorsqu’elle commence par écarter ceux qui portent chaque jour la voix des citoyens.

*Tchédjolbé Jean-Claude, correspondant régional Hamama Média*

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *