Il a encore grillé un gros fusible. Il faut juste espérer que cela sera sans conséquence et surtout souhaiter que ce soit le dernier. Car à ce rythme, c’est le compteur de la transition tchadienne que Zene Bada menace de faire sauter avec un risque d’extinction de toutes les lumières de la République.
Quel tchadien n’a pas eu envie de fermer ses oreilles ? Quel démocrate n’a pas reçu une décharge d’affliction en écoutant le SG du MPS, selon certaines sources, annoncer ses intentions de faire renvoyer les Conseillers Bongoro et Baltazar du CNT. Leur crime ? Ils ont décidé d’affronter démocratiquement dans les urnes le candidat de la coalition « Tchad Uni ». Diantre ! Beaucoup de tympans ont dû abondamment saigner à force d’entendre tonner les « fatwa » de M. Zene Bada contre Bongoro (Président du PRET) et Baltazar (Président d’ASTRE).
Il est temps de faire comprendre à M. Zene Bada que la démocratie rejette l’unanimisme et les combines politiques aboutissant à la neutralisation des énergies positives. Elle abhorre les arrangements politiciens érigés en règle de fonctionnement politique. Elle s’accommode mal des louvoiements et autres ténébreuses conventions, qui laissent libre cours à l’accumulation de capital des uns et l’appauvrissement des autres. Une spirale dans laquelle, notre pays semble s’enlacer.
Mais comme le fossé entre ses capacités intrinsèques et ses charges politiques est si abyssal qu’il a beau se draper de son plus joli costume républicain, se mettre devant le plus présidentiel des pupitres, tenter de se forger une «ministérialité» même en toc, rien y fait, ça coince à tous les coups. M. Allabo et bien d’autres font partie de ceux qui sont intriqués par le comportement du successeur de M. Haroun Kabadi à la tête du MPS. L’homme lorgne aussi du côté du CNT et serait en train de chercher à faire éjecter M. Kabadi de son moelleux fauteuil de Président de cette institution.
Comment le Président de la Transition peut-il, alors que le pays est au bord du précipice, laisser M. Zene Bada, ridiculiser certains chefs de parti de l’opposition (jalons de la démocratie) et se dresser pour leur abreuver de ses versets erratiques.
En défiant les chefs de partis avec une arrogance aussi mal millimétrée que le contenu de ses « slogans », Zene Bada n’aura fait qu’enfoncer les derniers clous dans le cercueil de la démocratie tchadienne et de la transparence des futures élections.
Il est encore temps au Président de la Transition d’appuyer sur le bouton d’arrêt d’urgence. Alors appuiera, n’appuiera pas, ou laissera-t-il les Tchadiens le faire à sa place ? En général lorsqu’un train déraille, il s’arrête. Et Monsieur Zene Bada ?
Evariste DJETEKE
