Le débat politique en République démocratique du Congo prend une tournure décisive. Le parti présidentiel UDPS a confirmé son intention de réviser la Constitution de 2006 afin d’ouvrir la voie à un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi, dont le second s’achève en 2028.
Le secrétaire général Augustin Kabuya a assuré devant les militants que « la Constitution sera touchée », tandis que le ministre des Sports Didier Budimbu a déclaré sans détour : « Nous allons tout droit vers un troisième mandat. » André Mbata, constitutionnaliste et cadre de l’Union sacrée, défend également cette option, estimant qu’un changement de la loi fondamentale relèverait de la volonté populaire.
Mais cette perspective divise. Au sein de la majorité, Modeste Bahati Lukwebo, vice‑président du Sénat, s’est publiquement opposé à toute révision, déclenchant une polémique et une pétition contre lui. L’opposition, de son côté, dénonce une démarche « irresponsable » et « suicidaire », rappelant le traumatisme du précédent « glissement » électoral sous Joseph Kabila.
La Ceni, déjà en retard sur l’enrôlement des électeurs, nourrit les inquiétudes quant à la tenue du scrutin de 2028. Pour plusieurs analystes, le spectre d’un report plane à nouveau sur le pays, dans un contexte de guerre persistante dans l’est.
Dans ce climat tendu, l’opposant Martin Fayulu met en garde :
> « Réviser notre Constitution aujourd’hui, dans un contexte de chaos et d’occupation partielle du territoire, c’est s’engager sur une voie périlleuse. Le problème de la RDC n’a jamais été le texte, mais le refus de le respecter. La soif du pouvoir au détriment du peuple constitue une menace intérieure tout aussi grave. »
