18 octobre 2026
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À ce jour, on dénombre des centaines de partis politiques au Tchad, mais seulement une poignée d’entre eux animent réellement la vie politique. La plupart de leurs leaders ne sont que des figurants et n’ont pas forcément pour objectif la conquête du pouvoir. 

Le parti politique, par définition, est une structure composée d’hommes et de femmes ayant en commun un projet de société et dont l’objectif est la conquête et l’exercice du pouvoir politique. Ainsi, tout mouvement politique qui a vocation de conquérir et d’exercer le pouvoir doit avoir la capacité de disposer d’un projet de société crédible et d’une organisation efficace pour mobiliser et éduquer ses militants, convaincre les électeurs et concourir à l’expression du suffrage.

Alors qu’au Tchad, force est de constater que, tous ces micros partis créés à tour de bras et souvent sur la base ethnique ou régionale n’ont pas forcément pour ambition de gouverner, parce qu’ils n’ont ni les moyens (un projet de société crédible) encore moins une base électorale solide. Leur aura politique ne va pas au-delà du carré où ils résident ou mieux encore du hameau d’où ils sont ressortissants.

De nos jours, quiconque se lève un bon matin et se dit animer d’une fibre patriotique (comme les hommes de Dieu qui disent, eux aussi, ayant reçu un appel du très Haut pour une mission sacerdotale même si l’on peut s’en douter), crée un parti politique sans aucune vision.

D’emblée pour créer un mouvement politique, l’on doit se demander ce que l’on a de mieux et surtout de nouveau à proposer sur la scène politique nationale. La plupart des leaders de ces mouvements politiques, dans leur for intérieur, savent bel et bien que, même s’ils vivent cent ans, ils ne parviendront jamais à conquérir la magistrature suprême. Quand on crée un parti politique, cela voudrait dire qu’on ne se reconnaît pas dans les idéologies des autres partis existants, ce qui n’est pas toujours le cas au Tchad.

« La coalition pour un Tchad Uni » unit par les intérêts et non par idéologie 

Si l’on en tient aux différents micros-partis qui forment ladite coalition (exceptée l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR) qui est un peu influent sur l’échiquier politique), on peut en déduire qu’à ce jour, beaucoup de leaders politiques sont plus animés par la volonté de prendre part au partage du gâteau national. Raison pour laquelle, les alliances, parfois contre-nature, se font le matin et volent en éclats dans l’après-midi de la même journée ; « La coalition pour un Tchad Uni » qui réuni une centaine de partis de l’opposition en est une parfaite illustration. Tout serment devient vite un parjure. Faire de la politique au Tchad, ce n’est pas chercher à servir son pays, mais en quelque sorte un raccourci pour s’enrichir rapidement et illicitement.

L’actualité politique nous rappelle que la morale et l’éthique politique ont déserté le terrain du comportement politique. Outre le non-respect de la parole donnée, l’argent est devenu comme l’intermédiaire obligé des relations entre les acteurs politiques et les électeurs. La mobilisation se fait sur la base de l’intéressement matériel souvent bien ridicule dans la plupart des cas. Il n’est pas rare de constater qu’en période des campagnes électorales, les tee-shirts, casquettes, calendriers et autres gadgets à l’effigie des candidats remplacent leurs projets de société.

Au Tchad, plus souvent on n’adhère pas à un parti politique pour son idéologie ou un programme (s’il y en a un), mais on y adhère pour la personne du candidat ou son appartenance ethnique, régionale du président fondateur ou encore pour des espèces sonnantes et trébuchantes.

Ce qu’il faut retenir est que le multipartisme ne constitue pas une recette démocratique par essence comme on entend tant à l’en créditer aujourd’hui, il a plutôt besoin de l’oxygène de la démocratie pour éviter son extinction. Sous d’autres cieux où ils ont plusieurs décennies d’expérience démocratique, deux ou trois partis seulement animent la scène politique. Et cela marche plutôt bien sinon mieux. Il serait souhaitable de réguler le paysage politique pour mettre terme à cette kyrielle de partis où le président fondateur qui est, le plus souvent, le principal bailleur de fonds du parti. Et donc qui paye dirige.