Moins d’une semaine après le coup de force militaire qui a suspendu le processus électoral en Guinée-Bissau, la Commission électorale nationale (Céni) a convoqué pour la première fois la presse, mardi 2 décembre. Elle a déclaré qu’il est désormais impossible de publier les résultats de la présidentielle et des législatives, les procès-verbaux ayant été saisis par l’armée, tout comme les équipements informatiques de l’institution.
Le président de la Céni, Npabi Cabi, récemment libéré après cinq jours de détention, était présent mais n’a pas pris la parole. La conférence de presse, brève et sans questions autorisées, a renforcé les soupçons de pressions exercées par la junte.
Opposition et société civile contestent
L’opposition et plusieurs organisations de la société civile rejettent cette version. Selon elles, les procès-verbaux existent toujours, chaque candidat en ayant reçu une copie. Fernando Dias, opposant réfugié à l’ambassade du Nigeria et qui revendique la victoire, affirme qu’il est possible de compiler les résultats à partir des données disponibles. Le PAIGC, parti historique de l’opposition, estime que la Céni agit sous contrainte.
Sept organisations civiles ont signé un pacte social exigeant le retour à l’ordre constitutionnel, la libération des détenus et la publication des résultats.
Pressions régionales et inquiétudes
La Cédéao, en visite le 1er décembre, a appelé au rétablissement de la légalité constitutionnelle mais n’a pas obtenu la libération des prisonniers ni la publication des résultats. Une réunion extraordinaire des chefs d’État de la région est prévue le 14 décembre.
La Ligue guinéenne des droits de l’Homme exprime sa vive inquiétude pour les personnalités encore détenues, dont l’opposant Domingo Simoes Pereira et le procureur général Fernando Gomez.
Pendant ce temps, le gouvernement de transition a tenu son premier conseil des ministres, tandis que Fernando Dias a obtenu l’asile politique du Nigeria.
