15 octobre 2026
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La crise entre le ministère de la Sécurité publique et de l’Immigration et la magistrature tchadienne s’est conclue par un dialogue. Le 27 mai 2026, le ministère de la Justice a réuni toutes les parties au siège du ministère à N’Djamena. Objectif : désamorcer les tensions nées des déclarations du ministre Ali Ahmat Aghabache.

Selon le compte rendu de la Direction de Cabinet du Ministère de la Justice, la rencontre portait sur « les déclarations du Ministre de la Sécurité Publique et de l’Immigration ».

Ndolenodji Alixe Naïmbaye, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, Chargée des Droits Humains, a présidé la séance. Elle a insisté sur « l’importance du dialogue entre les institutions de la République » et la nécessité de préserver « un climat de sérénité, de respect mutuel et de collaboration ».

Le ministre de la Sécurité, M. Ali Ahmat Aghabache, le Premier Président de la Cour Suprême, M. Samir Adam Annour, ainsi que les syndicats SYAMAT et SMT étaient présents. M. Abdel-Salam Alio Adoum, Directeur de Cabinet, assurait le secrétariat.

Le ministre de la Sécurité est revenu sur le contexte : ses propos ont été tenus lors d’une réunion sur l’occupation du domaine public, avec le ministre délégué à la Décentralisation et les maires d’arrondissements. Le sujet : les délais pour libérer les emprises publiques, bloqués selon lui par des ordonnances judiciaires.

Il a affirmé que la vidéo a été découpée par « des personnes malintentionnées », donnant « une interprétation erronée ». Il a juré n’avoir « jamais eu l’intention de dénigrer la justice, encore moins de remettre en cause l’institution judiciaire ».

Les syndicats SYAMAT et SMT ont reconnu l’effort d’apaisement du Premier Ministre et les excuses déjà transmises. Mais ils ont relevé une ambiguïté dans la formule « magistrats intègres », qui suggérerait l’existence de magistrats « non intègres ». Ils ont demandé des clarifications et informé que leur base leur a accordé 10 jours pour suivre l’évolution.

Samir Adam Annour a salué le dialogue et estimé que la meilleure solution était de « corriger les zones d’ombre contenues dans la lettre d’excuses, avant que les syndicats ne publient un communiqué expliquant le contenu et la portée de cette démarche d’apaisement ».

La Garde des Sceaux a préconisé de s’en tenir à cette correction, qui sera transmise aux syndicats. Tous ont salué l’implication personnelle du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, « pour assurer la cohésion et le bon fonctionnement des institutions de l’État ».

Les 4 conclusions adoptées :
À l’issue des échanges, les participants ont acté :

  1. Privilégier le dialogue et la concertation pour régler les incompréhensions.
  2. Éviter toute déclaration publique susceptible d’alimenter les polémiques.
  3. Corriger les zones d’ombre dans la lettre d’excuses du ministre de la Sécurité.
  4. Publier un communiqué conjoint : après correction, les syndicats publieront un communiqué expliquant la portée de la démarche.

La Garde des Sceaux a rappelé que le sens de responsabilité de chacun doit préserver « la stabilité des institutions ainsi que la confiance des citoyens dans l’appareil judiciaire ».