Le collectif des avocats du général Abdoulaye Miskine, de son vrai nom Martin Koumtanmadji, a organisé une conférence de presse ce mardi 15 septembre 2026 à N’Djaména. Les avocats ont dénoncé la condamnation de leur client à 15 ans d’emprisonnement ferme et alerté sur la dégradation de son état de santé.
Leader du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), le général Abdoulaye Miskine avait été arrêté au Tchad en 2020, après son arrivée dans le cadre d’une médiation entre son mouvement et le gouvernement centrafricain. Il était poursuivi dans une affaire portant sur des faits présumés commis en 2001 et 2002 en République centrafricaine.
Lors de la conférence, le collectif de défense a contesté les fondements du verdict rendu le 9 septembre 2026 par la première chambre criminelle de la Cour d’appel de N’Djaména. Selon les avocats, les éléments constitutifs des infractions reprochées n’auraient pas été établis et la présence ou la participation directe de leur client au moment des faits n’aurait pas été démontrée.
Les avocats ont également dénoncé des déclarations qu’ils jugent contraires à la décision judiciaire, notamment celles attribuées à l’association CASIDHO et aux représentants des parties civiles. Ils affirment que plusieurs irrégularités ont marqué la procédure et réitèrent leur contestation de la condamnation.
Le collectif a annoncé avoir formé un pourvoi en cassation le 11 septembre 2026 auprès du greffe de la Cour d’appel de N’Djaména. Cette démarche vise, selon la défense, à faire contrôler la légalité de la décision par la Cour suprême, sans demander une nouvelle appréciation générale des faits.
Par ailleurs, les avocats ont alerté les autorités tchadiennes sur l’état de santé préoccupant du général Abdoulaye Miskine. Ils évoquent notamment des problèmes rénaux, le diabète, des troubles de la tension artérielle ainsi que des difficultés cardiologiques et ophtalmologiques.
Ils appellent à la prise en compte de considérations humanitaires et à l’amélioration des conditions de détention, estimant que la poursuite de son incarcération dans les conditions actuelles pourrait gravement compromettre sa santé.
