Dans un monde où le numérique, l’innovation et l’entrepreneuriat redessinent les opportunités, le système éducatif tchadien semble rester figé dans une logique héritée du passé. Enseignants, parents et acteurs de la société civile dénoncent un programme scolaire qui ne prépare pas les jeunes aux réalités économiques et sociales actuelles.
Conçu pour former avant tout des fonctionnaires, le curriculum tchadien reste centré sur la théorie et la mémorisation. Résultat : une jeunesse qui sort de l’école sans compétences pratiques adaptées aux besoins du marché.
Alors que l’agriculture pourrait bénéficier des sciences appliquées et des technologies modernes, elle demeure enseignée de manière traditionnelle. Le numérique, capable de créer des milliers d’emplois, reste marginal dans les salles de classe. Quant à l’entrepreneuriat, il n’est abordé qu’à la marge, privant les jeunes d’outils pour inventer leur avenir.
Face à ce constat, il serait urgent de songer à l’introduction des TIC et de l’éducation financière dès le secondaire, des partenariats avec les entreprises locales pour rapprocher l’école du marché, la formation continue des enseignants pour en faire des facilitateurs d’innovation, la valorisation des savoirs locaux, combinés aux innovations mondiales…
Au-delà des débats académiques, c’est l’avenir du pays qui se joue. Sans réforme, le Tchad risque de voir sa jeunesse rester en marge des opportunités régionales et internationales. Avec elle, c’est la compétitivité nationale qui est en jeu.
