Les chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) se sont réunis ce jeudi à Kintélé, au nord de Brazzaville, pour un sommet extraordinaire placé sous le signe de la vigilance économique.
Face à des perspectives macroéconomiques jugées préoccupantes, les dirigeants du Gabon, de la République centrafricaine et de la Guinée équatoriale ont répondu à l’appel du président en exercice Denis Sassou Nguesso. Objectif : adopter des mesures urgentes pour renforcer la soutenabilité de la dette, consolider les finances publiques et accélérer la transformation structurelle de l’économie régionale.
« La décision de convoquer ce sommet extraordinaire des chefs d’État de la CEMAC a été prise dans le but de trouver des solutions appropriées à la situation économique, monétaire et financière que traverse notre sous-région », a déclaré Denis Sassou Nguesso.
Des recommandations fortes
À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées :
- garantir la cohérence des lois de finances avec les engagements internationaux, notamment vis-à-vis du FMI ;
- renforcer la transparence et la digitalisation des finances publiques ;
- préserver l’indépendance de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) ;
- rapatrier les ressources et savoirs détenus à l’extérieur ;
- assainir le secteur bancaire ;
- accélérer la stratégie d’import-substitution, avec un suivi renforcé via le PREF-CEMAC.
Le président de la Commission de la CEMAC, Balthazar Engonga Edjo’o, a insisté sur la nécessité d’assurer la compatibilité des politiques budgétaires avec les objectifs de soutenabilité de la dette et de consolidation de la position extérieure à moyen terme.
Selon les données présentées, les économies de la CEMAC affichent une reprise modérée : le PIB réel de la sous-région a progressé de 2,7 % en 2024 contre 2,0 % en 2023, tandis que l’inflation est revenue à 3,1 % au premier trimestre 2025. Des signaux positifs, mais jugés fragiles face à la dépendance aux matières premières, aux tensions géopolitiques et aux pressions persistantes sur la dette publique.
