Victoire Ingabire, une figure de l’opposition rwandaise et critique notoire du président Paul Kagame, a été arrêtée par le Bureau d’enquête du Rwanda (RIB). Son arrestation survient après sa comparution au procès de neuf individus accusés d’avoir diffusé un ouvrage d’un écrivain serbe, qui aborde des méthodes pacifiques de résistance à l’autoritarisme.
Ingabire, présidente du parti non reconnu Développement et liberté pour tous (Dalfa-Umurinzi), fait face à des accusations graves, notamment « association de malfaiteurs et incitation publique à s’opposer au gouvernement ».
Le RIB a indiqué qu’une enquête avait été ouverte à son encontre en lien avec le procès de Sylvain Sibomana, ancien secrétaire général du FDU, un parti également interdit.
Lors de l’audience, Ingabire a fermement contesté les accusations, affirmant que le procès visait à établir des liens entre des événements sans rapport. Elle a souligné son engagement pour une réconciliation véritable au Rwanda, qui inclut la mémoire des victimes hutu, en plus de celle des victimes tutsi du génocide.
Ce n’est pas la première fois qu’Ingabire se retrouve en détention. En 2010, elle avait été emprisonnée pour avoir plaidé pour une reconnaissance des souffrances des Hutus, ce qui lui avait valu une condamnation à 15 ans de prison.
Après huit ans derrière les barreaux, elle avait obtenu une grâce présidentielle, mais est restée interdite de se présenter aux élections. En mars 2024, elle avait perdu son recours pour lever cette interdiction, alors que les élections présidentielles approchent.
