La présidentielle centrafricaine de décembre 2025 s’est soldée par la victoire de Faustin-Archange Touadéra, qui briguait un troisième mandat après la réforme constitutionnelle de 2023. Dès le dépôt de sa candidature en juillet, le chef de l’État avait mobilisé une vaste galaxie de comités de soutien et d’associations, préparant le terrain pour un « coup KO » dès le premier tour.
Adossé à son parti, le Mouvement Cœurs Unis, et soutenu par de puissants réseaux économiques, Touadéra a bénéficié de moyens de campagne largement supérieurs à ses adversaires. Son discours, centré sur la stabilité sécuritaire et le retour de l’État, a trouvé un écho dans un pays encore marqué par les traumatismes de la guerre civile. Le fichier électoral a par ailleurs gagné 650 000 inscrits en deux ans, signe d’une mobilisation orchestrée par ses partisans.
Face à lui, l’opposition est apparue divisée et fragilisée. Anicet-Georges Dologuélé, arrivé deuxième avec 14,66 % des voix, dénonce un « hold-up électoral » et annonce un recours devant le Conseil constitutionnel. Il accuse l’Autorité nationale des élections (ANE) de fraude et s’inquiète pour sa sécurité après le retrait de ses gardes. Henri-Marie Dondra, troisième avec un peu plus de 3 %, demande quant à lui la dissolution de l’ANE.
Selon l’analyste Charles Bouessel (International Crisis Group), la victoire de Touadéra s’explique par « des moyens supérieurs, une opposition divisée et bridée, un bilan sécuritaire jugé positif, et le contrôle de l’exécutif sur les organes électoraux ».
Avec une participation limitée à 52,42 %, nombre de citoyens ont estimé le scrutin joué d’avance. Les résultats définitifs doivent être proclamés le 20 janvier par le Conseil constitutionnel, tandis que les résultats provisoires des législatives du 28 décembre sont attendus ce mercredi.
