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La contestation à Madagascar a pris une tournure dramatique. Selon l’ONU, au moins 22 personnes ont perdu la vie depuis jeudi dans les manifestations qui secouent le pays. On dénombre également plus d’une centaine de blessés, d’après le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.
« Parmi les victimes figurent des manifestants et des passants tués par les forces de sécurité, ainsi que d’autres tués lors des pillages généralisés », a précisé le Haut-Commissaire Volker Türk, dénonçant une « réponse violente » et l’usage de balles réelles par certains officiers.
Le ministère malgache des Affaires étrangères a cependant contesté ce bilan, affirmant qu’aucun chiffre officiel ne confirme les 22 morts.
Les manifestations, mobilisées via les réseaux sociaux par le mouvement « Gen Z », ont commencé par un ras-le-bol contre les coupures d’eau et d’électricité. Désormais, elles prennent une tournure politique avec un mot d’ordre clair : « Rajoelina, dégage ». Lundi, des milliers de protestataires vêtus de noir, partis de l’université d’Antananarivo, ont appelé à la démission du président.
Confronté à cette contestation grandissante, le président Andry Rajoelina a annoncé lundi soir, lors d’une allocution solennelle, le renvoi de son gouvernement, y compris celui de son Premier ministre Christian Ntsay, en poste depuis 2018.
Ancien maire de la capitale, Rajoelina avait déjà pris le pouvoir en 2009 à la faveur d’un coup d’État avant de diriger le pays jusqu’en 2014. Élu en 2018, puis réélu en 2023 lors d’un scrutin contesté, il fait aujourd’hui face à l’un des mouvements populaires les plus puissants de son mandat.
