D’après un rapport de la Banque africaine de développement (BAD), le Maroc a réussi à devancer l’Afrique du Sud pour se positionner comme le pays le plus industrialisé du continent africain en 2025. Cette ascension est le fruit d’une stratégie politique axée sur l’industrie, mise en œuvre depuis deux décennies.
Le rapport souligne que le Maroc a atteint un score de 0,8415 en 2024, tandis que l’Afrique du Sud se situe à 0,8396. Bien que l’écart soit étroit, il revêt une grande importance symbolique. Selon la BAD, cela témoigne de la modernisation continue du secteur productif marocain, de la diversification de ses exportations et des investissements tant publics que privés, ainsi que de l’application efficace de sa politique industrielle.
Cette progression n’est pas le fruit du hasard, mais résulte d’une trajectoire soigneusement élaborée sur plus de vingt ans, reposant sur un écosystème industriel solide, une meilleure intégration dans les chaînes de valeur mondiales et un renforcement dans des secteurs à forte valeur ajoutée.
Le rapport met en avant plusieurs transformations clés qui ont permis cette montée en puissance : modernisation de l’industrie, diversification des exportations, amélioration de la compétitivité et développement des infrastructures productives. Selon RFI, les investissements publics et étrangers sont en hausse, les zones industrielles se développent rapidement et les infrastructures, notamment le port de Tanger Med, le premier port d’Afrique, sont de plus en plus connectées.
Aujourd’hui, l’industrie marocaine ne repose plus uniquement sur les phosphates ou l’automobile, mais s’étend également à des secteurs prometteurs comme l’aéronautique. Abdelmalek Alaoui, président de l’Institut marocain d’intelligence stratégique et auteur du livre Maroc, le défi de la puissance, explique que chaque avion produit après 2005 contient au moins un composant essentiel fabriqué au Maroc. Ce développement a été l’un des paris du Roi Mohammed VI, qui a misé sur l’aéronautique tout autant que sur l’automobile.
Alaoui souligne également que lorsqu’un pays investit massivement dans des infrastructures de haute qualité – qu’il s’agisse de connectivité, de ports ou de télécommunications – cela attire des investisseurs internationaux et nationaux, permettant ainsi une transformation significative du pays.
La BAD prévoit par ailleurs que la croissance de l’économie marocaine atteindra 4,2 % d’ici fin 2026. Concernant l’inflation, elle devrait rester maîtrisée, avec des prévisions de 2,4 % en 2026 et 2,3 % en 2027.
