Près de neuf millions d’électeurs ivoiriens sont appelés aux urnes ce samedi 25 octobre pour le premier tour de l’élection présidentielle. Le scrutin.verra l’actuel chef de l’État Alassane Ouattara briguer un quatrième mandat après quatorze ans au pouvoir.
Le vote se déroulera selon un système à deux tours : si aucun candidat ne dépasse la barre des 50 %, un second tour sera organisé. Le président élu exercera un mandat de cinq ans, période décisive pour définir l’orientation politique et économique de la Côte d’Ivoire au cours de la prochaine décennie.
Alassane Ouattara affronte quatre adversaires, dans une course électorale marquée par des critiques de l’opposition sur un déséquilibre du processus.
Jean-Louis Billon, 60 ans, ancien ministre du Commerce et homme d’affaires, représente le Congrès démocratique (CODE). Soutenu par le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) de Tidjane Thiam, il apparaît comme le principal rival du président sortant. Thiam, ancien PDG de Credit Suisse, avait été disqualifié en avril pour double nationalité, après avoir renoncé à sa nationalité française en mars — une décision qui a ravivé les tensions entre le pouvoir et l’opposition.
Simone Ehivet Gbagbo, 76 ans, ancienne Première dame et épouse de l’ex-président Laurent Gbagbo, conduit le Mouvement des générations capables (MGC). Candidate indépendante, elle met l’accent sur la justice sociale, l’autonomisation des femmes, le développement rural et la santé publique.
Son mari, Laurent Gbagbo a été écarté de la course par le Conseil constitutionnel en raison de son casier judiciaire, conformément au code électoral. Arrêté en 2011 à la demande de la CPI et acquitté en 2019, il demeure une figure influente.
Autre candidat indépendant, Ahoua Don Mello, 67 ans, ancien porte-parole de Gbagbo, a été exclu du Parti des peuples africains Côte d’Ivoire (PPA-CI). Il milite pour une réforme monétaire, notamment la sortie du franc CFA, et prône une souveraineté accrue dans les domaines de la défense et de l’économie. Il appelle les électeurs à une forte participation, estimant qu’un boycott, comme en 2020, serait « une erreur historique ».
Enfin, Henriette Adjoua Lagou, 69 ans, candidate du Front populaire ivoirien (FPI), centre sa campagne sur la réconciliation nationale, la justice de genre et la transparence institutionnelle. Ancienne ministre de l’Éducation sous Gbagbo, elle rejette toute allégeance politique et se présente comme une réformatrice indépendante.
