Amnesty International a exprimé des préoccupations ce 22 septembre 2025 concernant la détention prolongée et arbitraire de 36 partisans de l’opposition au Cameroun, arrêtés en 2020 lors de manifestations pacifiques contre le président Paul Biya. L’organisation a appelé à leur libération immédiate, soulignant que ces personnes n’avaient commis aucun crime, mais avaient simplement exercé leur droit à la liberté d’expression.
Les individus concernés faisaient partie du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), dirigé par Maurice Kamto, qui a été exclu de l’élection présidentielle d’octobre où Paul Biya, au pouvoir depuis plus de 40 ans, brigue un huitième mandat. Les autorités camerounaises ont condamné plusieurs membres du MRC à des peines de prison allant d’un à sept ans pour des accusations telles que « rébellion » et « tentative d’insurrection ».
Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, a critiqué le fait que les autorités n’aient pas reconnu le caractère arbitraire de ces détentions. En outre, un rapport du groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a qualifié d' »illégales » les comparutions de civils devant des tribunaux militaires.
Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a également exprimé des inquiétudes concernant les restrictions à l’espace civique au Cameroun, particulièrement à l’approche des élections. Amnesty a dénoncé l’arrestation récente de 54 partisans du MRC pour « incitation à la révolte » et « trouble à l’ordre public », qui avaient été arrêtés près du Conseil constitutionnel pendant les audiences électorales. Ces personnes ont depuis été libérées sous caution.
Enfin, un homme ayant publié des vidéos appelant à contester la décision d’exclusion de Maurice Kamto a été emprisonné à Douala, révèle Amnesty International.
