Quelques jours après le déroulement du triple scrutin du 29 décembre 2024, Association des Jeunes pour l’animation et développement rural (AJADR) ayant supervisé ces élections a fait un point de presse ce dimanche 05 janvier 2025.
« L’AJADR a reçu l’accréditation pour observer ces élections. Nous avons commencé par une éducation civique électorale, suivi de l’observation des élections dans la province du Mayo-Kebbi Ouest et dans la zone Afrique, » a introduit Deuba Rodrigue Tchoké, Président de l’AJADR.
Selon le Président, durant leur observation, l’AJADR a relevé que « les scrutins se sont relativement bien déroulés de façon pacifique même si des imperfections voire des irrégularités ont pu être constatées »:
- Un manque de communication entre les responsables des bureaux de vote et les démembrements locaux de l’ANGE.
- Une non-maîtrise du code électoral et du guide des électeurs par les membres des bureaux de vote.
- Des électeurs perturbés ne trouvant pas leurs noms sur les listes de recensement ; certains n’avaient même pas leurs noms alors qu’ils détenaient des cartes d’électeur. Par exemple, au centre de Pala urbain, les listes de Mao se trouvaient là-bas, et les membres des bureaux de vote ont catégoriquement refusé à ces électeurs de voter.
- La disparition d’urnes destinées à certains bureaux de vote ; par exemple, à Garoua, il était prévu 6 urnes, mais seulement 3 étaient présentes.
- Au Bénin, les représentants de l’ANGE ont refusé l’accès aux observateurs, permettant ainsi le vote avec des cartes non récupérées.
- Les délégués des candidats n’ont pas eu accès aux procès-verbaux pour la compilation des résultats.
Concernant le taux de participation, l’association indique qu’elle était faible dans les zones urbaines mais élevé dans les zones rurales et relève :
- La population a perdu confiance dans le processus électoral, car elle estime que les résultats de la présidentielle ne reflètent pas la réalité. Beaucoup jugent inutile de se fatiguer pour que leur voix soit ignorée.
- Certains candidats ont déclaré que, qu’ils soient votés ou non, ils étaient déjà élus.
Au vu de ces constats, l’AJADR formule les suggestions suivantes :
- Revoir la composition de l’ANGE pour permettre à chaque parti politique d’y participer et éviter toute contestation. Beaucoup estiment que l’ANGE n’est pas réellement indépendante et qu’elle est partisane.
- Réviser le code électoral, car nous avons constaté un recul de la démocratie dans notre pays depuis le CNI. Les délégués doivent avoir accès aux procès-verbaux afin de pouvoir faire appel auprès des instances compétentes en matière de contentieux électoral. Sinon, le Conseil constitutionnel et la Cour suprême sont perçus comme des chambres d’enregistrement plutôt que comme des organes de gestion des contentieux électoraux, car aucun recours n’est possible sans preuves de contestation.
Pour finir, l’AJADR « félicite les électeurs qui ont fait preuve de sagesse et de non-violence durant la campagne jusqu’à l’élection. » « Aucun dégât majeur n’a été constaté ; le vote s’est déroulé dans le calme et la quiétude. Les forces de l’ordre ont accompli un travail remarquable pour assurer la sécurité des électeurs et des membres des bureaux de vote, » a conclu le Président Deuba Rodrigue Tchoké.
