Un collectif présidé par Laldjim Narcisse s’est réuni samedi 18 avril 2026 à N’Djamena, dans la salle du 28 novembre de la radio FM Liberté, pour commémorer le massacre de Bébalem survenu le 16 avril 1952.
Selon les organisateurs, des centaines de citoyens avaient été victimes d’une répression menée par l’armée coloniale française, avec l’appui de certaines chefferies locales. Le bilan officiel faisait état de 24 morts, mais des témoignages évoquent plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de victimes.
Le collectif rappelle que ces violences s’inscrivaient dans un contexte politique tendu, marqué par la victoire du Parti progressiste tchadien (PPT) de Gabriel Lisette aux élections locales. Ce succès, porteur d’une idéologie anticolonialiste, avait été contesté par des autorités locales proches de l’administration coloniale. La tension avait culminé lors d’une cérémonie funèbre, où la population rassemblée fut dispersée par les armes.
Au-delà du massacre, les intervenants ont dénoncé les abus subis par les habitants de Bébalem à l’époque : travaux forcés, humiliations et discriminations, qui ont nourri la colère et la résistance.
À l’issue de la rencontre, le collectif a formulé plusieurs revendications :
- La reconnaissance officielle du massacre par l’État français ;
- L’ouverture des archives relatives aux événements ;
- Des réparations pour les victimes et leurs descendants ;
- Un engagement de l’État tchadien à soutenir ce processus de vérité et de justice.
Le collectif affirme vouloir poursuivre ce combat mémoriel et appelle les forces vives nationales et internationales à se joindre à cette démarche.
