Avec 1,14 milliard de dollars d’exportations IT en 2025 et une 24ᵉ place mondiale en e-gouvernement, Astana affine sa stratégie : devenir le carrefour technologique incontournable entre l’Europe et l’Asie. Plongée au cœur de la doctrine « Trusted Kazakhstan ».
Qu’est-ce qui pousse une jeune pousse de la Silicon Valley ou un ingénieur chevronné en intelligence artificielle à poser ses valises au cœur des steppes d’Asie centrale ? La réponse tient désormais en deux mots : prévisibilité et confiance.
Loin de se contenter d’aligner des rabais fiscaux ou d’exhiber des baies de serveurs flambant neuves, le Kazakhstan déploie une stratégie d’attractivité globale baptisée « Trusted Kazakhstan ». L’ambition ? Offrir un cadre juridique, fiscal et humain si fluide que l’installation initiale se transforme en ancrage à long terme.
> « Le Kazakhstan bâtit méthodiquement un écosystème où spécialistes internationaux, entrepreneurs et entreprises de l’IA choisissent de s’installer pour changer d’échelle », résume Magzhan Madiyev, directeur général du parc technologique Astana Hub.
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Un bond de 33 à 1 140 millions de dollars d’exportations en 5 ans
Les chiffres témoignent de cette accélération industrielle. En 2020, les exportations de services informatiques kazakhs plafonnaient à 33,5 millions de dollars. À la fin de l’exercice 2025, elles ont franchi la barre symbolique du milliard de dollars (1,142 milliard USD), irriguant plus de 110 pays.
Le territoire national n’est plus envisagé comme un marché cible de seconde zone, mais comme une plateforme de projection mondiale. Pour soutenir cet envol, l’État kazakh s’appuie sur deux piliers :
* L’hyper-numérisation des services publics : Le pays se hisse au 24ᵉ rang mondial du dernier classement de l’ONU sur l’e-gouvernement (UN E-Government Development Index).
* Le transit des données : La dorsale fibre optique « Ouest–Est » (4 500 km entre Aktau et Khorgos), couplée au câble transcaspien, transforme la géographie kazakhe en véritable « autoroute numérique » reliant la Chine à l’Europe.
Visas pour nomades et droit britannique : la panoplie d’Astana
Sur le terrain, la concrétisation de cette politique passe par une simplification drastique du parcours de l’investisseur.
D’un côté, le Digital Nomad Visa et sa résidence associée facilitent l’expatriation des talents mobiles. De l’autre, l’Astana Hub accorde une exonération quasi totale d’impôts aux sociétés membres. Surtout, le Centre Financier International d’Astana (AIFC) offre une sécurité juridique inédite dans la région : une juridiction autonome régie directement par le droit anglais (Common Law).
*La guerre des talents : l’humain au centre de la bataille de l’IA*
Mais la véritable bataille de l’intelligence artificielle ne se gagne pas seulement à coups de mégawatts ou de centres de données ; elle se joue sur la matière grise.
Face à la pénurie mondiale d’ingénieurs, le pays déploie un vaste plan de formation (programmes AI Qyzmet, AI Sana, Tomorrow School, QazCoders) et intègre des cursus spécialisés au sein de ses universités. En parallèle, l’accueil d’experts internationaux permet un transfert immédiat de compétences vers le tissu local.
Le rdv stratégique : AI & Digital Bridge 2026
Pour mesurer l’ampleur du phénomène, la capitale accueille un mois entier dédié aux nouvelles technologies (AI MONTH, du 23 septembre au 23 octobre). Point d’orgue de cette séquence : le forum AI & Digital Bridge 2026, organisé du 1ᵉʳ au 3 octobre au centre d’exposition EXPO d’Astana.
Sont attendues des figures majeures de l’écosystème mondial, à l’image de Balaji Srinivasan (Network School), Yerzat Dulat (Higgsfield AI) ou encore Jamie Beaton (Crimson Education).
Soutenu par le ministère de l’IA et du Développement numérique, Astana Hub et la municipalité d’Astana — et intégralement financé par les géants privés régionaux (Kaspi.kz, Freedom Bank, Samruk-Kazyna, Beeline, Yandex Qazaqstan…) —, l’événement entend faire la démonstration concrète d’un mot d’ordre : le Kazakhstan ne veut plus seulement raconter son histoire tech, il veut en écrire le prochain chapitre.
