C’est fini ! Le Tchad est tombé dans l’encolure de la folie politique. Au pays des Pionniers des Illuminés fondateurs d’une Nation civilisée, le pouvoir qui rend fou et la quête du pouvoir rend fou.
C’est du bout des doigts que l’on compte les porteurs de bonnes nouvelles. Tout le reste de la classe politique tchadienne est un arsenal de has-been dont le regard du rétroviseur illustrerait des amas de forfaitures, de délits et d’infractions.
Ceux qui sont au pouvoir, comme ceux qui sont dans l’opposition (à quelques exceptions près), ont tous à leurs actifs des ignominies. Mais la démagogie, la serviabilité et la perfidie les couvent et les couvrent. Ceux qui se sont engagés les mains immaculés et l’âme pétrifiée de valeurs, sont ceux-là même qui sont combattus.
Les alertes des Mystiques qui savent prévoir l’avenir et anticiper le futur ne sont pas écoutées.
Ceux qui, imams, pasteurs, prêtres, journalistes, Chefs coutumiers, défenseurs des droits de l’Homme, etc. dit-on, devraient endosser le manteau de sentinelles sont, selon leurs calculs et les largesses de détenteurs de pouvoirs, des acolytes.
Jamais le champ politique n’a été aussi malpropre et encrassé. Des aspirants au pouvoir exécutif ou législatif injurient, menacent. Ceux qui veulent confirmer leurs forces d’hier insultent ou mentent.
La République du Tchad est blessée. Le bien public est embrouillé à l’intérêt de parti, faisant une double impunité d’un rapport intouchables et d’une forfaiture qui tue.
La République au Tchad n’est plus la somme du labeur des générations qui se sont succédés, ces générations, depuis les pionniers, sont encore au Cœur des Institutions, intimidant de leurs antiques voix et même insultant publiquement. Le mensonge n’est une bassesse. Le reniement n’est plus une abjection.
Le nouveau mal tchadien est la transformation, par les politiciennes et les politiciens, de la République en domaine de jouissance, de délices et d’enrichissement. Les jeunes s’en enragent. Les enfants se montrent dédaigneux. Dommage !
Avec la marche du temps, la boulimie de la basse politique, sa démocratie tant chantée à tue-tête, offre une image hideuse : insultes, atteintes à la dignité humaine et à l’intégrité physique, calomnie, attaque incivile et malotrues contre les Institutions de la République inconvenantes et indélicates de ceux qui les incarnent.
Certains pays qui sont entrés dans la civilisation démocratique dans les années 90 avec les Conférences nationales, les antagonismes sont rythmés d’idées, de propositions et de contrepropositions sur fond de communication politique intelligente et respectueuse. Et le Tchad renvoie aux acteurs politiques africains et à l’intelligentsia l’image d’une comédie qui n’est animée que par des Tartuffes imparfaits.
Evariste Djeteke
