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La Chambre spéciale correctionnelle du Tribunal de grande instance de N’Djamena a condamné vendredi huit anciens responsables du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) à huit ans de prison ferme. Dissous quelques jours plus tôt par la Cour suprême, le collectif est désormais au cœur d’un dossier politico‑judiciaire sensible.
Le procès s’est tenu dans des conditions exceptionnelles, directement à la maison d’arrêt de Klessoum, où les prévenus étaient détenus depuis leur arrestation le 25 avril. Ils étaient poursuivis pour rébellion, mouvement insurrectionnel, attroupement et détention illégale d’armes de guerre, selon le rôle d’audience signé le 5 mai par le procureur de la République, Moussa Abdelkerim Saleh.
Au lendemain de la dissolution du GCAP, les leaders avaient annoncé une marche dite « d’indignation et de dignité » prévue le 2 mai. Mais depuis leur incarcération, ils avaient publié un communiqué reconnaissant la décision de la Cour suprême et annonçant l’annulation de la mobilisation.
Le verdict, suivi de près par l’opinion publique, les partis d’opposition et les organisations de défense des droits humains, illustre la fermeté des autorités dans un contexte de transition politique.
La séquence judiciaire s’achève sur l’arrêt de la Cour suprême du 24 avril, qui a déclaré le GCAP nul et ses activités illégales, scellant définitivement la disparition du mouvement.
Les autorités ont également annoncé la saisie de trois pistolets et un fusil de calibre 12, mis sous scellés. Chaque accusé doit payer une amende de 500 000 Fcfa.
