16 octobre 2026
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Plusieurs élèves ont été enlevés à la suite d’une marche pacifique organisée pour soutenir la grève des enseignants. Les familles réclament la libération de leurs enfants, mais l’État demeure sans réponse.

Une manifestation pacifique d’élèves a tourné au drame hier dans le centre-ville de N’Djaména. Les forces de l’ordre, appuyées par des hommes armés sans uniforme, ont blessé plusieurs élèves et en ont enlevé plusieurs dizaines. Deux jours après leur interpellation, on est toujours sans nouvelles d’eux.

Des élèves des écoles publiques manifestaient pour réclamer le paiement des salaires de leurs enseignants, en grève depuis des mois. Trouvant injuste que le secteur privé avance dans les cours pendant qu’eux restent bloqués, ils sont allés perturber plusieurs établissements scolaires privés. Les élèves de ces écoles privées ont alors décidé de rejoindre leurs camarades des écoles publiques pour une marche pacifique vers le centre-ville.

Sur le chemin, la foule des élèves s’est malheureusement mêlée à un groupe de manifestants politiques opposés au gouvernement. Des dégradations de biens publics ont eu lieu. La police est intervenue violemment avec des gaz lacrymogènes, puis des véhicules militaires sont arrivés. Des hommes sans uniforme, mais lourdement armés, ont commencé à tirer à bout portant, blessant plusieurs manifestants, et ont procédé à des enlèvements massifs. Parmi ces élèves enlevés se trouvent des élèves du lycée La Liberté, de l’école Baba Lagré, de Fort-Lamy, du complexe scolaire Thilam-Thilam, etc.

Les familles des élèves enlevés, rongées par l’angoisse, ont commencé à chercher activement leurs enfants. Plusieurs d’entre elles ont lancé des cris d’alarme et demandent au gouvernement la libération immédiate de leurs enfants. Une famille interrogée a déclaré : « Ils n’ont rien fait de mal. Ce sont des élèves, pas des opposants. Rendez-nous nos enfants », supplie la maman.

Cette arrestation a été vivement critiquée par des observateurs des droits humains. « Arrêter des jeunes qui réclament simplement leur droit à l’éducation est disproportionné », dénonce un membre d’une association de la société civile, sous couvert d’anonymat.

Les autorités tchadiennes, interrogées par notre rédaction, n’ont pas encore daigné répondre. Un appel est lancé au gouvernement pour qu’il révèle le lieu de détention de ces enfants. Tant que le silence persiste, N’Djaména retient son souffle.