Le gouvernement militaire du Burkina Faso a décidé de dissoudre la Commission électorale nationale indépendante (Céni), une institution en place depuis plus de 20 ans, chargée d’organiser les élections dans le pays.
Cette décision a été adoptée lors d’un Conseil des ministres le 16 juillet, et elle fait suite à des critiques concernant le coût élevé de fonctionnement de la commission, jugée « budgétivore », ainsi que son exposition aux « influences étrangères ».
La Céni, créée en mai 1998 et opérationnelle depuis 2001, se présentait comme une entité « indépendante » responsable de la gestion des élections depuis l’instauration du multipartisme en 1991. Elle est composée de 15 commissaires issus de divers partis politiques et de la société civile, qui prêtent serment devant le Conseil constitutionnel.
Initialement, des élections étaient prévues pour juillet 2024, mais la junte militaire, qui a pris le pouvoir à la suite d’un coup d’État en septembre 2022, a prolongé sa période de transition de cinq ans.
Selon le ministre de l’Administration territoriale, Emile Zerbo, la Céni recevait près d’un demi-milliard de francs CFA (environ 750 000 euros) par an, un montant qu’il considère incompatible avec les exigences de la Charte de la transition.
