Depuis l’avènement du multipartisme au Tchad en 1990, le nombre des partis politiques a augmenté d’une manière exponentielle. De nos jours le militantisme dans les partis politiques est devenu un moyen de se faire une place pour obtenir les postes de responsabilités, de se tailler un avenir pour une intégration à la fonction publique et opportunités.
Autrefois, le militantisme dans les partis politiques qui était celui de partager ses idées, d’apporter sa contribution dans le développement et la promotion des valeurs démocratiques et la bonne gouvernance est devenue une porte pour sortir de la misère. Ce militantisme a perdu ses lettres de noblesses et s’est vite transformé en un moyen de survie et d’enrichissement.
De nombreuses personnes se transforment en activistes, quelques fois les groupes armés pour enfin se reconvertir en militants des partis politiques pour obtenir des possibilités d’être nommée à un poste de responsabilité.
Certaines optent pour militer dans les partis politiques de l’opposition radicale pour se faire identifier à travers leur position dans le but d’attirer l’attention du parti au pouvoir pour saisir des occasions aux postes juteux. Ce phénomène de militantisme a de nos jours fait perdre la crédibilité à la question de mérite et de compétences au détriment de propagande et de dénigrement.
Au Tchad, ces cas sont devenus monnaie courante dont la majorité des personnes qui occupent des postes de responsabilités dans la haute sphère de l’État et du gouvernement sont soit passé par les partis politiques de l’opposition radicale ou les partis politiques de la coalition ou de la mouvance au pouvoir.
Cette situation est devenue une culture dans la sphère politique tchadienne dont même au niveau communautaire, familiale, dans le milieu intellectuel ou les cercles d’amis ces débats sont quotidien. Cette pratique a fait perdre l’espoir aux jeunes diplômés sans emplois compétents du fait que sans un mentor ni une appartenance ou détention d’une carte d’un parti politique, les chances d’être intégré ou nommé à un poste de responsabilités sont minimes.
Les calculs politiques des militants dans les partis politiques sont devenus les fonds de commerce dont chacun s’adonnent à des risques de ternir l’image de son parti d’origine lorsqu’il est lésé où il y a un différent pour rejoindre un autre groupe dans l’espoir d’obtenir des opportunités. Ce tourisme de militantisme politique de la jeunesse tchadienne passe de fois a des règlements de comptes qui mettent en mal de fois la cohésion sociale.
L’on constate de nos jours, que le militantisme politique au Tchad est le fait de chanter le mérite du leader du parti et de répondre à toutes formes d’attaque toujours dans le but final de gagner sa confiance pour une éventuelle promotion à un poste de responsabilités. Le militantisme politique à la tchadienne est devenu de manière péjorative le calomnie, l’humiliation, la courbette, une arène d’étalage de la vie intime de son adversaire politique qui ne partage pas les mêmes opinions dans le but de se faire une place à l’ombre.
Etre un militant d’un parti politique de nos jours s’arime à suivre le leader quelque soit ces déboires politiques, ses dérapages, c’est de le suivre pour demeurer fidèle et gagner sa confiance. L’image du militantisme idéologique devient secondaire. Certains militants des partis n’ont aucune connaissance d’appartenance où politique du parti.
Les débats d’idées politiques au Tchad sont devenus des tabous de la sorte que la politique communément appelée celle du ventre a pris le dessus. La politique du ventre est une option pour se débrouiller pour se servir afin de satisfaire ses besoins personnels et ensuite ceux de sa petite famille.
Dans ce cas de figure, nous concluons que le militantisme politique au Tchad est devenu juste une porte ouverte aux désespérés qui doutent de leurs capacités intellectuelles et de leurs destins.
Teyane Bertrand
