Dans plusieurs villes du Tchad, l’état des caniveaux est devenu une véritable préoccupation de santé publique. Souvent obstrués par des ordures, du sable ou des eaux usées, ils n’assurent plus leur rôle d’évacuation. Dégageant des mauvaises odeurs, prolifération de moustiques, risques d’inondations et maladies liées aux eaux stagnantes, comme le paludisme… mais aussi le choléra, particulièrement redouté en période de chaleur.
Contrairement à une idée répandue, le curage des caniveaux ne devrait pas être une activité réservée à la saison des pluies. Les déchets s’accumulent même en saison sèche, transformant certains caniveaux en véritables foyers de microbes. Ainsi, au moindre ruissellement, l’eau stagne et favorise le développement des moustiques et des bactéries responsables des maladies hydriques.
Dans plusieurs quartiers de N’Djamena, les habitants constatent d’ailleurs une présence inhabituelle de moustiques en pleine saison sèche. Les cause provient souvent des caniveaux situés derrière les maisons, bouchés par des sacs plastiques et des déchets.
Dans certains cas, une simple opération de curage permet de réduire significativement le nombre de moustiques en quelques jours, preuve de l’efficacité d’un entretien régulier.
Comme le rappelle Mahamat Abakar, un habitant dans le 7ᵉ arrondissement :
« Tant que nous continuerons à jeter nos déchets dans les caniveaux, personne ne pourra régler le problème à notre place. La santé du quartier dépend d’abord de nous. »
Chaque année, à l’approche des pluies, les autorités municipales lancent des campagnes de nettoyage. Mais une question demeure :
Pourquoi ne pas faire de ce travail une routine hebdomadaire plutôt qu’une intervention ponctuelle ?
Le nettoyage des caniveaux ne peut pas reposer uniquement sur les services publics. L’État a un rôle à jouer, mais la réussite dépend aussi de l’implication des habitants.
Chaque famille, chaque quartier et chaque chef de carré a un rôle déterminant dans la propreté de son environnement.
Les populations doivent éviter de jeter leurs déchets dans les caniveaux, participer aux journées communautaires de salubrité et collaborer avec les autorités locales pour maintenir des espaces propres. Sans cette mobilisation collective, même les actions les plus importantes de l’État resteront insuffisantes.
La propreté n’est pas seulement une affaire d’infrastructures ; c’est une culture à construire, un réflexe quotidien.
Elle commence devant chaque maison et se renforce grâce à l’engagement de tous.
Nekarmbaye Roseline / Hamama Média
