20 octobre 2026
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Dans une déclaration signée le 19 octobre 2026 à N’Djamena, des représentants des cadres, des autorités traditionnelles et de la société civile du Tibesti ont lancé un appel au calme suite à la reprise des combats dans la province. Cette prise de parole fait suite à de nouveaux affrontements armés survenus le mercredi 14 octobre 2026 dans le département d’Emi-Koussi.

Les affrontements du 14 octobre ont opposé les Forces de défense et de sécurité au Comité d’autodéfense de Miski, causant des pertes humaines dans les deux camps. Ces événements interviennent dix-huit mois après la signature solennelle d’un accord de paix à Bardaï, conclu le 20 avril 2025.

Dans leur déclaration, les signataires présentent leurs condoléances aux familles endeuillées et demandent aux autorités d’assurer la prise en charge médicale des blessés sans aucune distinction. Ils soulignent qu’en tant que serviteurs de l’État et ressortissants de la région, la gravité de la situation leur impose de sortir du silence.

Les auteurs de l’appel rappellent que les affrontements armés répétés observés entre 2018 et 2020, puis en octobre 2025 et de nouveau aujourd’hui, n’apportent aucune réponse à la gestion des ressources aurifères. Au contraire, ces tensions retardent le retour de l’administration publique, perturbent le fonctionnement des écoles ainsi que des services de santé, et font peser un fardeau lourd sur les populations locales. Ils dénoncent également la diffusion de discours de division sur les réseaux sociaux et appellent à préserver l’unité nationale.

Pour remédier de façon pérenne à cette crise, les dignitaires et cadres de la province préconisent le respect intégral des termes de l’accord de Bardaï. Ils recommandent l’installation d’un Cadre permanent de concertation pour la paix au Tibesti, mené en concertation avec la commission de suivi du Médiateur de la République.

Ce cadre réunit l’administration, les chefs coutumiers, les élus, les cadres, ainsi que les représentants de la jeunesse, des femmes et de la société civile. Ses missions consisteraient à dresser un diagnostic partagé des origines du conflit, à formuler des mesures concrètes pour l’application du code minier, à formaliser le secteur de l’or, à veiller à l’application de l’accord de paix et à lutter contre les fausses rumeurs.

L’appel a été signé à N’Djamena par plusieurs personnalités de la région :

  • Djiddi Allahi Mahamat, pour les cadres
  • Abakar Sougoumi Chahai, pour les chefs traditionnels
  • Oumar Aboubakar Kelly, pour la société civile
  • Billah Hilly Kory, pour les organisations féminines
  • Youssouf Mahamat Fouzari, pour la jeunesse

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