16 octobre 2026
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La situation au sein de l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR), l’un des premiers partis politiques d’obédience radicale d’alors, est préoccupante. Les tensions, devenues quasi rudes depuis le soutien sans raisons concertées au régime contesté de Mahamat Idriss Deby, s’exacerbent de plus en plus ces derniers temps. Les langues se délient entre les militants. Les appels téléphoniques sont sélectivement décrochés au sein du cercle restreint que compose le bureau exécutif et la masse militante. Une crise austère s’est emparée du parti, déjà au creux de la vague.


Des sources recoupées concordent sur les origines mêmes de cette « récession » qui tend à une défenestration savamment orchestrée vraisemblablement par le président dudit parti, Saleh Kebzabo, devenu médiateur en février 2024 après avoir été éjecté de mauvais gré de la primature.

Le chef du parti UNDR, créé le 12 avril 1992 et à la tête duquel le manque d’alternance a été la valeur la mieux partagée, aurait décidé de défenestrer certains militants devenus radicalement hostiles vis-à-vis de la manière avec laquelle ce vieux parti est géré.


Les militants des provinces du Salamat, du Ouaddai, et ceux issus d’autres provinces de la zone septentrionale accusent le président du parti, Saleh Kebzabo, de favoritisme et de discrimination dans les nominations. Il ne prioriserait que des « militants du Mayo-Kebbi Ouest depuis sa nomination à la primature ».

Des voix s’élèvent tous azimuts pour réclamer « l’égalité au sein du parti ». Lesquelles voix rappellent que Saleh Kebzabo n’a pu secourir les militants issus de la partie nord du Tchad pendant qu’ils étaient persécutés, exilés voire zigouillés par le régime de Déby père, « mort » au combat en avril 2021. Il n’en fait pas plus pendant qu’il est déjà aux affaires ? Une série de résignations en masse pourrait donc en revanche sanctionner la situation délétère latente au sein du Parti.


Le scandale communautariste


Le parti de calebasse est réduit à une portion d’à peu près de deux communautés. Le bureau exécutif est composé majoritairement des Moundang, une ethnie dont est issu le président du parti, Saleh Kebzabo, vivant au sud-est du Tchad, précisément dans le Mayo-Kebbi Ouest. Pour rappel, les nominations sur fond de clanisme avaient ravivé les débats lorsque Saleh Kebzabo était Premier Ministre. Sans une grande surprise, il a nommé d’une manière somme toute sectaire les siens au Médiateur de la République. « La goutte d’eau a débordé le vase », s’indignent certains militants abandonnés sur le trottoir de promesses fantasmagoriques, de doutes et de furies.

Cette situation crée un climat de méfiance au sein du Parti, fragilisant ainsi son unité. Dans les différents groupes WhatsApp du parti, les débats quant au sérieux ou non de ses leaders provoquent des désaccords et remettent en cause la fidélité à ses idéaux fort entamés depuis le ralliement du parti au MPS. Les promus défendent à cor et à cri leur leader et les « laissés-pour-compte » crient au scandale communautariste en s’en désenchantant. La démission en mai dernier du ministre Awat Atteib alias Albouri, l’un des inconditionnels cadres de ce parti, est encore très mal digérée par Saleh Kebzabo.


Une échauffourée autour d’un héritage embrouillé
La question sur l’héritage de Saleh Kebzabo à la tête du parti UNDR divise d’ores et déjà les militants. Âgé de 77 ans et physiquement crevé et exténué, Saleh Kebzabo est censé céder la présidence de son parti conformément au décret n° 004 de janvier 2024 portant attributions du médiateur de la République.

Cependant, un mythe est toujours entretenu autour de sa succession. Il devrait revenir, selon un membre du bureau exécutif dudit parti, à Kanabet Passalet Marcelin de présider à ses prochaines destinées.

Un casting qui suscite une levée de bouclier, car le Dauphin ne semblerait pas « être sympa avec les camarades du parti », renseigne notre source. Entre temps, Jeanne Kebzabo, l’épouse de Kebzabo, s’apprête à brandir l’étendard du parti de son époux lors des prochaines législatives. « Elle veut jouer à la Simon Gbagbo », compare notre interlocuteur qui complète que la dame Jeanne Kebzabo « pourrait envisager de succéder à son mari à la tête de l’UNDR ». Ses sorties durant la campagne présidentielle du 6 mai sont des indices à prendre au sérieux.

L’après Kebzabo pourrait créer des surprises antipathiques pour la survie de son parti.

Il est temps que Saleh Kebzabo prenne ses responsabilités et œuvre pour une réconciliation afin de préserver la cohésion du Parti. Seule une direction juste et équitable permettra de rassembler les troupes et de faire face aux défis à venir.

Teyane Bertrand