15 octobre 2026
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Au Tchad, la question de l’alternance ne se limite pas seulement au sommet de l’État. Elle se pose également au sein des partis politiques, des syndicats et des associations, où de nombreux dirigeants s’accrochent à leurs postes, parfois depuis des décennies. Une pratique qui, selon la société civile, s’apparente à une dictature silencieuse et freine le développement démocratique.

‎Dans plusieurs structures, les congrès statutaires censés renouveler les instances dirigeantes tardent à être organisés. Et lorsqu’ils le sont, ils sont souvent entachés d’irrégularités ou contestés par les militants.

‎Pour Aziz Youssouf, membre d’un parti politique, cette situation illustre une mentalité profondément enracinée.

‎« Ces leaders s’imaginent indispensables, persuadés que personne ne peut faire mieux qu’eux. Pourtant, ce sont les mêmes qui dénoncent le conservatisme des gouvernants, alors qu’ils s’accrochent eux-mêmes à leurs fauteuils », regrette-t-il.

‎Le problème ne concerne pas uniquement les partis politiques. Dans certains syndicats et associations civiles, bien que les statuts prévoient des assemblées générales régulières, celles-ci sont souvent reportées ou annulées par crainte de voir émerger de nouveaux visages. Résultat, la vie démocratique interne est quasi inexistante, et la longévité des dirigeants, souvent liés à un âge avancé, fragilise la crédibilité de ces structures. Un adage tchadien le résume bien « Avant de vouloir transformer le pays, il faut commencer par se transformer soi-même. »

‎Face à ce blocage, des voix s’élèvent pour appeler au changement. Urbain Nodjire  un jeune de la société civile propose ainsi :

‎« Il faut imposer la tenue régulière des congrès et limiter les mandats. Cela éviterait qu’un même individu reste au pouvoir indéfiniment. »

‎Pour exiger une gouvernance transparente au sommet de l’État, partis, syndicats et associations doivent eux-mêmes donner l’exemple. En pratiquant l’alternance en interne, ils montreront qu’ils ne défendent pas une démocratie à deux vitesses. La leçon est claire la démocratie ne se décrète pas, elle se construit et s’applique d’abord à la base.

‎Nekarmbaye Roseline/ Hamama Média