15 octobre 2026
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En visite ce 6 janvier 2026 au stade Idriss Mahamat Ouya, en réfection depuis 2021, le Premier ministre Allah Maye Halina a piqué une colère bleue face à l’état d’avancement des travaux confiés à une  »entreprise tchadienne ». Une réaction attendue, mais qui, à l’épreuve des faits, ne convainc absolument personne. En tout cas aucun Tchadien averti. Fort malheureusement !

C’est une coutume. Lors de ce type de déplacement, l’indignation affichée de Allah Maye Halina s’est traduite par des remontrances verbales, sans annonces concrètes sur fond de sanctions immédiates comme savent le faire les chefs de gouvernement d’autres pays. Or, lorsqu’il s’agit de fonds publics  »de cette nature » et de projets structurants financés par l’argent du contribuable, la fermeté ne saurait se limiter à un discours fleuve, creux et de simulation.

Si réellement le Chef du gouvernement était soucieux du sort misérable des Tchadiens, il devrait logiquement chuter par des mesures claires telles que la suspension des travaux, les audits indépendants, résiliation de contrat, voire poursuites judiciaires en cas de manquements dûment avérés. Le peuple attend autre chose que cela : des actes, pas des déclarations de colère, aussi sonores et audibles soient-elles. Non! C’est révolu et le disque du Premier ministre en ce sens est déjà rayé.

Par conséquent, cette visite donne une impression de déjà-vu. Les entreprises contractantes, rompues à l’exercice, semblent parfaitement maîtriser les mécanismes administratifs leur permettant de justifier retards et contre-performances, souvent à l’abri de toute réelle sanction. Le Premier ministre, en dépit de son rôle central de chef d’orchestre de l’action gouvernementale, apparaît une fois de plus incapable d’imposer une rupture avec ces pratiques. C’est cela la triste réalité.

Au finish, ces colères sans suite, finissent par perdre leur crédibilité et entrent par une oreille et sortent par l’autre, aussi bien chez les entrepreneurs défaillants que dans l’opinion publique.

Le plus grand perdant dans cette mise en scène, c’est l’économie nationale qui continue de payer un lourd tribut, entre projets inachevés, surcoûts et perte de confiance.